Le PUDC « un modèle » pour les projets publics selon le Président Macky Sall
Le Président de la République a tressé des lauriers au Programme d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC). C’était Mercredi dernier à Kaolack où il réceptionnait des équipements prévus pour ce projet. Le Président a déclaré à cet occasion que « le PUDC est « un modèle » pour les projets publics que l’Etat compte réaliser sur le territoire national «
Durant cette manifestation, au total 1861 équipements destinés à l’allègement des travaux domestiques d’un coût de 2,541 milliards de francs CFA, des moulins à mil, décortiqueuses à mil, broyeuses d’arachide et presses à huile, ont été réceptionnés, au profit des régions de Kaolack, Kaffrine, Tambacounda et Kédougou.
« Le programme du PUDC a été exécuté dans la célérité, dans une transparence dans les procédures, mais aussi dans le respect des délais de livraison », s’est félicité le chef de l’Etat, décernant « un satisfecit global » à l’ensemble des acteurs du « label PUDC’’.
Pour le Président Macky Sall. « C’était une phase test où l’Etat a décidé de mettre 113 milliards de francs CFA et nous devons y rajouter 10 milliards de francs CFA pour compléter cette première phase du PUDC, et tout cela, sur financement propre de l’Etat »
Dans la suite de ce programme, il a annoncé l’engagement du gouvernement chinois qui va venir pour renforcer et clôturer le volet hydraulique du PUDC avec 50 milliards de francs CFA. « La Banque africaine de développement (BAD) a donné une réponse positive pour venir accompagner le volet électrification rurale, pistes rurales et équipements agricoles », a-t-il ajouté.
Toujours des effets d’annonces à coup de milliards comme si nos dirigeants n’apprennent pas des erreurs du passé. Toutes les occasions sont saisies pour amadouer les populations et vouloir construire sur des fondations en ruines et continuer à endetter le pays.
Pour un Programme d’Urgence de Développement Humain (P.U.D.H.) pour une meilleure réussite du PUDC
Les programmes se suivent et se ressemblent et le pays sombre toujours dans la misère et la désespérance. Ces programmes ont toujours la vaine prétention de construire sur des fondations en ruines. Depuis les indépendances, on ne compte plus le nombre de programmes et de projets sensés apporter le progrès, le confort et l’abondance aux populations urbaines et rurales.
Force est de constater que le pays n’arrive même pas à assurer la disponibilité de l’eau et de l’électricité et à nourrir convenablement sa population après 55 ans de supposée indépendance. L’échec est principalement d’ordre humain. Tous les projets et programmes ont été parasités par les déviances de l’être humain et sa propension à la prévarication et la prédation des ressources.
Depuis 4 ans qu’il est arrivé au pouvoir, on ne compte plus les scandales financiers tant décriés sous l’ancien régime. Qu’est-ce qui peut protéger le PUDC et tant d’autres programmes d’actes de prédation et de prévarication ? Un poisson pourrit toujours par la tête. On peut toujours s’interroger sur le comment un président de la République qui n’a jamais été capitaine d’industrie, même s’il a occupé de hautes fonctions dans l’administration, peut-il être milliardaire ? Il a avoué avoir bénéficié de privilèges de son mentor et prédécesseur mais il n’a jamais accepté de rendre ces privilèges indus au trésor public. Comment peut-il alors (légitimement) demander à ses concitoyens d’arrêter les détournements de deniers publics ?
Tout l’appareil d’Etat est parasité par un système mafieux de prévarication et de prédation des deniers publics. On utilise les connexions amicales et familiales, les relations claniques, ethniques, religieuses et sectaires, les imbrications des familles biologiques et politiques pour s’accaparer d’une partie des budgets alloués et détourner les objectifs.
On remarque aisément ce phénomène dans la dégradation des infrastructures par défaut de maintenance, l’indiscipline et le non respect des règles de conduite dans la circulation, le désordre et l’anarchie dans les projets immobiliers, dans le commerce, les artères mal entretenues et j’en passe. Allez voir tous les équipements du PUDC dans 2 ans, et vous alez observer leur état de dégradation par défaut de maintenance.
Comment peut-on obtenir dans ces conditions une gestion vertueuse et rigoureuse des deniers publics quand les prédateurs sont tapis dans l’ombre et attendent leur proie avec délectation ? Dans ce système de loi de la jungle, tous les coups sont permis pour éliminer l’adversaire ou le concurrent gênant (maraboutage, coups tordus, corruption, concussion, prise illégale d’intérêt, trafic d’influence, commissions occultes..).
On ne comprend pas le peu d’empressement du pouvoir à instruire les nombreux dossiers de détournement de deniers publics gardés sous le coude ou pour faire chanter les auteurs. Le déficit de l’humain a transformé un climat tempéré en climat exaspéré. La violence physique et verbale, la méchanceté gratuite, la jalousie maladive et l’oisiveté plombent la cohésion sociale. Le PUDC subira les mêmes foudres que les projets qui l’ont précédés.
Le pouvoir ne respecte plus son opposition qu’il bombarde de gaz lacrymogènes. C’est une négation ultime de l’humain. Il abuse de nominations porte-voix (ministres conseillers, conseillers spéciaux) et rajoute ainsi à la confusion générale et au gaspillage des ressources. Comment peut-on atteindre l’émergence dans ces conditions où l’indice de développement humain est si faible ?
L’urgence est dans le développement humain Monsieur le Président de la République. C’est un préalable indispensable à la réussite de tout projet et programme et c’est la seule solution durable, beaucoup mieux que de confier les projets nationaux à des organismes internationaux et bafouer notre dignité et notre souveraineté.
L’expérience a démontré que le frein fondamental pour qu’une organisation (un Etat, Une Entreprise, Une ONG, une Association, Un Commerce, Un artisanat etc) atteigne ses objectifs est un frein d’ordre humain. La question n’est pas dans les milliards prononcés pour le PUDC et distillés par ci par là pour amuser la galerie, sortir des usines à gaz et chercher une réélection.
La question est de préparer l’humain à mieux optimiser son potentiel (maximiser ses qualités, ses points forts et ses atouts, maximiser son apport et son rendement et en même temps minimiser ses défauts, ses points faibles et ses handicaps, minimiser ses limites et ses déficiences) et pour cet humain puisse optimiser le management des programmes et des projets (Ces projets et programmes doivent contribuer à la maximisation de la satisfaction des bénéficiaires, des recettes et de la rentabilité pour la nation et réduire en même temps les déperditions pour la collectivité) .
On insistera encore et toujours sur les 5 raisons qui peuvent expliquer l’atteinte ou non des objectifs d’une organisation et de ses projets et programmes :
- La MOTIVATION : c’est par un management public et privé motivant (qui donne du SENS) et des individus dotés d’un sens élevés des responsabilités, ayant une haute conscience de leur rôle dans la société, que le système pourra donner des résultats probants ;
- LA COMMUNICATION : La qualité de la communication interne et externe de l’organisation est primordiale. Les acteurs impliqués doivent comprendre le sens des process et procédures et les modes d’utilisations des outils. L’information ne doit subir aucune distorsion ou altération ;
- LA FORMATION : Les politiques et programmes de formation doivent être adaptés aux spécificités des projets et programmes. Les acteurs doivent développer leur curiosité intellectuelle en s’auto-formant pour accroitre leur productivité et le rendement du système ;
- L’ORGANISATION : Ecrire ce qu’on va faire, Faire ce qu’on a écrit et Contrôler ce qu’on a fait, tels doivent être les leviers d’une organisation efficace et efficiente. La gestion rigoureuse des priorités par les acteurs sera un soutien inestimable pour le système global ;
- LE RECRUTEMENT : Les projets et programmes doivent professionnaliser les recrutements (bannir les pratiques informelles de clientélisme et de népotisme) pour obtenir des ressources humaines de qualité, capables de produire des résultats. Chaque acteur impliqué doit mériter son recrutement au nom de l’égalité des chances.
C’est un nouveau leadership fait de courage et de crédibilité qui peut libérer les énergies des forces vives et mettre le pays en mouvement. Les citoyens seraient très motivés à participer à l’œuvre commune si le dirigeant du pays décidait de rendre au trésor public la part de sa fortune issue de privilèges indus, de se mettre en congé de son parti pour être le président de tout le monde et d’éliminer les fonds politiques qui ne servent qu’à corrompre et débaucher des transhumants.
Le Président serait crédible pour demander à tout le monde de faire comme lui et assez dissuasif pour éviter les actes de prédation et de prévarication. L’indépendance de la justice serait alors un garde-fou à toutes les dérives. J’ai bien l’impression que le choix est dans le statut quo. La création d’institutions inutiles et budgétivores est venue s’ajouter à la désespérance générale. Que Dieu protège le Sénégal . Jummah Mubarak et excellent weekend
Peps Gueye


