De plus en plus, d’hommes et de femmes politiques du Sénégal quittent leur Parti politique à la suite d’une défaite aux élections présidentielles pour adhérer au parti qui a accédé au pouvoir. Ce changement de compagnons assimilé à la transhumance des troupeaux d’animaux qui se déplacent vers les prairies vertes, prend des ampleurs au Sénégal… Et c’est l’ancien premier ministre de Me Abdoulaye Wade, Souleymane Ndéné Ndiaye qui rallonge la liste.
La transhumance en politique est devenue une plaie béante et puante dans l’environnement politique au Sénégal. Elle est même devenue un phénomène qui est propre au Sénégal. D’ailleurs le substantif « transhumant » à la sénégalaise figure dans le Petit Larousse illustré édité en 2012 où on lit : » adjectif, qui effectue une transhumance ; nom, Sénégal, personne qui quitte son parti d’origine pour adhérer à un autre, généralement au pouvoir. » Dès lors, ce triste phénomène devient une spécificité, une marque de fabrique sénégalaise.
En effet, c’est avec l’avènement de Me Abdoulaye Wade au pouvoir que la transhumance est devenue une chose anodine dans l’espace politique sénégalais. Encouragé par le Président d’alors, cela ne semble plus faire scandale. Mais auparavent, la transhumance a été le point culminant de la tortuosité politique.
On se rappelle du trajectoire de Djibo Ka dont le nom a fini d’être terni au Sénégal. Lui qui avait valsé entre Abdou Diouf, le président sortant et Abdoulaye Wade, entre les deux tours des élections avait terni à jamais l’image de sa famille. Il symbolisait depuis lors la transhumance et la tortuosité au Sénégal, pour un peu paraphraser le leader de Rewmi, Idrissa Seck.
Après lui, la transhumance est devenue un fait anodin au Sénégal. Ainsi, de 2000 à nos jours la liste des transhumants est longue.
On peut citer du régime de Wade : Jean-Paul Dias, Serigne Diop et Me Ousmane Ngom qui avaient transhumé en 2000 en faveur du président Abdou Diouf. Mais contre leurs attentes, Abdoulaye Wade remporte les élections. Serigne Diop et Ousmane Ngom reviennent honteusement à côté de Wade. Le maire socialiste de Rufisque, Me Mbaye Jacques Diop, qui voyait son parti perdre les élections avait lui aussi, entre les deux tours, appelé à voter pour Wade. Après les élections, il rejoint les prairies bleus du pouvoir. Ensuite, ce sera le tour de Sada Ndiaye qui, pour échapper aux audits déclenchés par Wade, rejoint son camp. Aïda Mbodj aussi suit ses pas après avoir assimilé Wade à «Fantomas».
Mbaye Diouf (PS) qui était directeur général des chemins de fer du Sénégal, Assane Diagne qui deviendra bien après Directeur général de la SICAP, tous suivent le pas. Même Serigne Mbacké Ndiaye du Parti de la réforme atterrit au PDS. Après eux et plus tard, Alassane Dialy Ndiaye dépose ses baluchons auprès de…Wade.
Ayant accédé au pouvoir, Macky Sall s’inscrit dans cette logique de faire transhumer d’anciens hommes politiques. Lui qui a récemment créé son parti, ne manque pas de cible. Et ses frères libéraux sont les premiers sur la liste. Adama Sall, Khalifa Ndao, Khouraïchi Thiam, Me Ousmane Sèye, Innoncence Ntap Ndiaye, Awa Ndiaye, Ousmane Ngom, Aliou Dia, Thierno Lô, Djibo Kâ, El Hadj Malick Guèye Latmingué, Abdou Fall, Serigne Babacar Diop, Serigne Mboup, Bécaye Diop, Baïla Wane, Serigne Mbacké Ndiaye, Sitor Ndour, Kalidou Diallo, Souleymane Ndéné Ndiaye, ont rejoint le camp de Macky Sall.



