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Yahya Jammeh : « Je prendrai toutes les mesures possibles pour défendre la constitution gambienne »

Le ton est rassurant, mais les échéances étreignent Yahya Jammeh. Après le report du verdict de la Cour Suprême jusqu’en mai, Yahya Jammeh a fait une sortie à la télévision nationale (Grts) listant les exigences pour sortir la Gambie de l’impasse politique.

Pour lui, les choses ne marchent plus comme sur des roulettes. Le Président Yahya Jammeh multiplie les manœuvres et se cherche une issue honorable. Alors que l’investiture du Président élu, Adama Barrow, approche, l’étau de la légalité se resserre autour du « Babali Mansa » (le roi qui défie les fleuves et les rivières). La Cour suprême qui devait statuer le mardi 10 janvier, suite au recours déposé par l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (Aprc) de Jammeh n’a pas rendu son verdict, faute d’atteindre le quorum.

A l’ouverture de l’audience, aucun des six juges devant siéger n’était présent à Banjul. Un revers judiciaire face à quoi, L’ex-homme fort de Banjul n’abdique pas. Jammeh multiplie les stratégies pour éviter que la Gambie ne soit ingouvernable. Ainsi, dans la nuit du 10 au 11 janvier, vers 23 heures, il apparaît soudainement à la télévision nationale gambienne pour annoncer la nomination d’un médiateur.

Contrairement à ses discours va-t-en-guerre, Jammeh s’affiche comme un président responsable, soucieux de son peuple et voulant faire du respect de la constitution gambienne sa priorité. « Je prendrai toutes les mesures possibles pour défendre la constitution gambienne » promet-il.

Le ton est donné, Jammeh informe qu’il a nommé un médiateur général en la personne de Musa Jallow.  Lequel a remplacé souleymane Samba à la tête du secrétariat général de la Gambie et de la fonction publique.

Yahya Jammeh a précisé que le médiateur général, Musa Jallow, a trois mandats. D’abord, il doit assurer la bonne marche professionnelle des services publics, sans contrainte ni appartenance. Ensuite, il doit discuter avec tous les acteurs politiques, de manière à apaiser le climat social tendu. Enfin, il doit travailler avec le ministre de la justice et l’Assemblée nationale pour l’élaboration d’une loi d’amnistie générale et assurer qu’il n’y aura pas de chasse aux sorcières.

D’après Jammeh, ces trois mesures permettront à tous les citoyens gambiens de vivre dans un climat de sécurité et de confiance. Ainsi Jammeh soutient : « A cette occasion, je donne l’ordre d’exécuter avec effet immédiat ces mesures. Que nul ne pourra être arrêté ou poursuivi en raison  d’actes commis dans la période antérieure et post-électorale allant du 1er novembre 2016 au 31 janvier 2017. Je demande à tous les gambiens de se pardonner, surtout, nous la classe politique. Et nous demandons de continuer ensemble pour maintenir et consolider la paix et l’harmonie dans notre pays bien-aimé » a indiqué Yahya Jammeh. Il poursuit : « Je demande à tous les gambiens de regagner leur résidence et de retourner à leurs affaires. Je vous assure que « Incha Allah, tout sera bientôt résolu dans la paix. »

Le ton du discours de Jammeh semble rassurant…Mais, le temps joue contre lui. Car, son mandat prend fin officiellement le 18 janvier prochain à minuit.

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