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Thank God It’s Friday (T.G.I.F.) : La RUPTURE est toujours attendue

La RUPTURE est toujours attendue dans notre société. Le pays s’enlise, les résultats ne suivent pas les ambitions déclinées. Qu’est-ce qui cloche ? L’emprisonnement de leaders politiques, la radiation de fonctionnaire lanceur d’alerte, les manipulations et tripatouillage des institutions sont des actes peu honorables pour un pays qui se targue d’être un chantre de la paix, de la démocratie et de la stabilité politique. 55 ans de glorification de notre fameuse terranga, du dialogue des cultures et des religions ont fini par accoucher d’un système de piétinement insupportable de la société et un discrédit du modèle sénégalais. Le pays ne fait plus rêver. Les gens sont déçus, découragés et la honte s’empare de plus de la conscience des populations au fur et à mesure que les scandales s’accumulent. Les touristes ont démystifié la destination Sénégal car trouvant ailleurs une offre plus diversifiée et innovante et de meilleures conditions de sécurité. La politique de la main tendue de nos dirigeants a fini de faire de notre pays un pays de mendiants, de blanchiment d’argent sale et de repères de brigands et de féticheurs de mort.

RUPTURE  POUR AFFIRMER NOTRE SOUVERAINETE :

Les relations avec l’ancienne puissance coloniale ne permettent plus au pays de sortir de l’ornière. Ces relations gagnant (ex colonisateur) / perdant (ex colonisé) sont trop déséquilibrées pour nous permettre de sortir du sous-développement. Il ne s’agit pas de couper toutes relations avec nos partenaires occidentaux mais plutôt d’aller vers des relations gagnant/gagnant plus équilibrées. Ok nos dirigeants successifs ont tous essayé de poser des jalons pour notre développement, cependant ils ont pratiquement tous maintenu un statu quo qui fait de notre pays un valet de l’impérialisme occidental et une espèce de province pauvre de ces pays. Il est temps que notre pays s’émancipe et vole de ses propres ailes. « Les oiseaux volent en groupe et volent haut mais l’aigle vole seul et vole plus haut. Dès fois ne t’étonne pas de ta solitude, elle explique tout simplement de quelle espèce tu es et le degré de ton altitude. » Notre pays doit se comporter comme cet aigle. L’arrimage de notre monnaie à une devise étrangère a renforcé notre pauvreté. Le coût de la vie est insupportable pour les populations à si faibles revenus. Notre dépendance aux importations appauvrit notre économie et réduit ses capacités à produire localement et à exporter. Nous devons retrouver notre souveraineté politique, économique, monétaire. Nous devons battre notre propre monnaie et définir la masse monétaire nécessaire pour notre politique économique. Nous devons déterminer  nos indispensables investissements dans les ressources humaines, dans la promotion de la production et la consommation locales, dans l’émergence de capitaines d’industrie locaux et d’un secteur privé local fort et d’une classe moyenne dynamique, pour restaurer la crédibilité de notre pays et son rayonnement international, pour faire vivre nos solidarités et installer durablement une cohésion sociale. Nous disposerons de notre propre système d’informations pour fiabiliser nos statistiques. Il est temps de redonner espoir à tout un peuple qui ne mérite pas une telle situation.

RUPTURE POUR UNE GESTION SOBRE ET VERTUEUSE DE L’ETAT :

Dans un pays sous-développé surendetté, l’administration ne peut pas se permettre certaines largesses. Les goûts de luxe et dépenses somptuaires n’ont pas leur place dans une administration qui se veut responsable et citoyenne. Les fonds politiques au niveau des 3 premières institutions du pays peuvent permettre de résoudre une partie importante des préoccupations d’emploi des jeunes. Les moyens de l’Etat doivent être orientés vers la satisfaction des besoins des populations et non utilisés pour la massification d’un parti politique, le débauchage d’opposants ou l’accueil de transhumants. L’opacité dans la gestion des marchés publics, où surfacturation, corruption, concussion, prise illégale d’intérêt et autres trafics d’influence sont toujours légion, coûte cher à la collectivité. La baisse et la maîtrise de la masse salariale de notre administration sont une urgence absolue. Les réunions, conférences et séminaires à la pelle avec leurs lots de perdiems et frais exorbitants rajoutent au gaspillage d’une « nomenclatura » et d’un microcosme politiques qui ne connaissent surement pas la valeur de l’argent car n’ayant jamais créé de richesses par eux-mêmes.

RUPTURE POUR RETABLIR LES EQUILIBRES TERRITORIAUX

Le Sénégal, ce n’est pas seulement Dakar. Dakar a besoin d’être élaguée, d’être redessinée, d’être aérée, d’être assainie. Il aurait été plus judicieux de créer un pôle scientifique et technique entouré d’un poumon vert (jardins, plan d’eau, aires de jeux et de distraction) à la place de la cité de l’émergence pour permettre à la ville de respirer un peu et aux citoyens de se cultiver et s’aérer l’esprit. Certaines décisions relèvent d’une absurdité absolue : 55 Milliards pour construite un palais des congrès dont la rentabilité est hypothétique, 557 milliards pour un train express régional de moins de 50 kms et 44 milliards pour une cité de l’émergence dans une ville qui étouffe et qui ne présente aucune cohérence architecturale. Les priorités sont surement mal choisies. On veut en mettre plein les yeux à des populations désœuvrées qui ont plus besoin de retrouver leur dignité dans un emploi que de maigres bourses familiales. Ok il y a le PDUC mais nos régions ont besoin d’un véritable new deal pour se développer : Nous avons plus besoin en ce moment de routes à 2 X 2 voies qui relient toutes les grandes villes du pays que d’autoroutes coûteuses, de construire des aéroports régionaux, (toutes les grandes villes du Sénégal méritent un aéroport), moderniser l’agriculture et favoriser l’agro-industrie, créer un tissu industriel de PME/PMI, un réseau d’artisans, de commerçants, de professions libérales, de structures éducatives, des réceptifs hôteliers de grande qualité, des structures médicales et sanitaires modernes, de nouveaux programmes immobiliers pour fixer les populations dans les régions et créer de l’activité.. Mettre les charrues avant les bœufs et créer des usines à gaz ne font que continuer à déprimer le peuple.

RUPTURE AVEC UN CERTAIN CULTE DE LA PERSONNALITE :

Cette rupture commence aussi par l’abandon d’un culte insupportable de la personnalité au sommet de l’Etat. Comment les conseillers en communication du Président peuvent-ils persister à laisser passer une prolifération de photos du président dans le pays, des visites qui s’assimilent à des campagnes électorales ? En essayant, dans une démarche politicienne, de faire porter le chapeau au Président, cette action ne fait que le discréditer et renforcer la relation malsaine que nous avons avec l’argent. Un pays qui n’arrive pas à nourrir et soigner convenablement ses populations, qui n’assure pas la disponibilité des ressources en eau et en énergie électrique doit veiller à assurer une certaine rationalisation de ses dépenses. Il y a des priorités à assurer et les populations ne voient pas d’un bon œil certaines extravagances qui ne sont que pure vanité. Cette situation fait le lit des activistes et prédateurs de toutes sortes. Un autre marketing politique plus engageant et mobilisateur, qui donne du sens et réconcilie les populations avec la chose politique est vivement attendu. L’action politique doit éduquer et sensibiliser les masses pour aboutir à des changements de comportements indispensables pour que la société se mette en mouvement.

RUPTURE AVEC LA RECUPERATION POLITIQUE DU FAIT RELIGIEUX :

La relation entre le spirituel et le temporel doit aussi échapper à ces tentatives de récupération politicienne. Ok il faut moderniser les cités religieuses, mais c’est tout le Sénégal qu’il faut moderniser. Là aussi nous sommes en présence d’une faute flagrante de communication qui veut maintenir les masses dans l’ignorance. C’est de l’obscurantisme insupportable pour ces millions de jeunes et adultes qui attendent de se former et de s’insérer harmonieusement dans la vie active. C’est un drame humain de voir des personnes naitre, grandir dans le giron familial et arriver à la quarantaine sans connaître l’expérience d’un emploi. Il faut mettre les gens au travail pour les détourner de certaines pratiques informelles et déviantes. La religion ne doit en aucun cas être l’opium d’un peuple. Il nous faut plus de Djoulits (vrais croyants) que de Djoulikats (prieurs mécréants) pour booster notre développement.

RUPTURE AVEC LA PERSECUTION POLITIQUE ET LE RECOURS AUX PORTEURS DE VOIX :

L’environnement social du pays ne peut plus supporter l’existence d’une police politique qui persécute des journalistes et emprisonne des opposants. C’est une faillite de l’Etat dans son rôle de garant de la démocratie et de l’Etat de Droit. En faisant de la pédagogie dans l’action politique, l’Etat peut responsabiliser les médias du pays et dialoguer efficacement avec l’opposition. Cet Etat doit d’abord assurer sa propre crédibilité pour affirmer son leadership et donner confiance aux populations. Il appartient à la puissance publique de donner l’exemple. Elle a tout à sa disposition : la justice, la police, la gendarmerie et les moyens financiers. Elle peut donc, dans une démarche proactive, faire régner l’ordre et la discipline dans le pays. Ces comportements ne font que braquer la population contre un régime de plus en plus en perte de vitesse et de repères. Que peuvent apporter au pays des individus qui ne font que changer leur veste au grès des alternances et qui ont échoué sur toute la ligne dans leurs missions antérieures ? C’est un mauvais exemple donné à la jeunesse qui a urgemment besoin de repères positifs. C’est du pilotage à vue néfaste à notre pays. Là aussi une RUPTURE est souhaitable pour désormais assoir une politique de recrutement basée sur une vision, des valeurs et des compétences et non sur les critères de porteurs de voix. Le pilotage à vue ne donne pas de résultats.

Dans une République qui se respecte, il n’y a pas de place au clientélisme, au népotisme, au clanisme et au sectarisme des systèmes de castes et de classe sociale. La République doit privilégier l’égalité des chances, l’intérêt général et l’intérêt national. Cette République doit permettre à ses citoyens d’innover et créer en permanence de la valeur pour la collectivité. Jummah Mubarak

Peps Gueye

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