« Nous devons revoir nos comportements » a récemment déclaré le chef de l’Etat, Macky Sall, en présentant ses condoléances à des familles éplorées. C’est la énième fois qu’il appelle à cette nécessaire introspection et c’est un énième aveu d’échec après 5 ans de mandat où il avait promis de changer le Sénégal.
Que de morts depuis 2000 à cause de la cupidité des dirigeants qui ont fermé les yeux dans un pays où les fondations sont en ruines. Il a été au four et au moulin, notre Président de la République alors que son pays avait grandement besoin de lui. Il a distille ses conseils, exhortations par-ci et ses recommandations par-là. Encore une fois le Président Macky Sall a mis les charrues avant les bœufs. Un poisson pourrit toujours par la tête. C’est le comportement de l’Etat qui jaillit sur les populations. A la place des réformes en profondeur de la société, le président a renforcé la république bananière que son prédécesseur avait installée.
Signer les APE et livrer nos ressources minières et pétrolières aux intérêts des grandes puissances sont des actes de haute trahison car c’est encore enfoncer nos économies déjà vulnérables dans des abysses difficiles à l’extirper. Les multinationales de production et de distribution font la loi chez nous et nous confinent à être d’éternels consommateurs. Nos pays ne sont pas armés pour faire face à cette concurrence internationale où la spéculation financière et les pratiques mafieuses des multinationales sont légion.
Le Président de la République nous invite à évoluer dans un environnement où c’est la loi de la jungle qui va prévaloir. Notre secteur privé national n’a que ses yeux pour pleurer. Le peuple n’a que la fatalité pour espérer des jours meilleurs. Le président Macky Sall a intérêt à balayer devant sa porte avant de donner des conseils. Un pouvoir qui réprime et restreint les libertés n’est pas crédible pour donner des leçons et des conseils aux autres.
Quand un Président de la République cumule sa fonction avec celle de Chef de Parti Politique, il n’est pas crédible pour réprimer des contrevenants, car la morale républicaine réprouve son cumul. Quand un Président de la République cumule son salaire déjà astronomique pour un pays sous développé et sur endetté, avec des fonds politiques encore plus astronomiques, il n’a aucune crédibilité pour donner des leçons de bonne gouvernance ou de dialogue politique.
Qu’il commence à dissocier sa famille de la gestion de la chose publique avant de demander des changements de comportement. Qu’il commence par discipliner ses propres partisans qui se crêpent sans cesse le chignon depuis 2012 pour se partager le gâteau avant de discipliner le pays.
Notre pays (qui a toujours mis les charrues avant les boeufs) est toujours pressé de signer des accords et conventions internationales qui n’ont aucun apport dans la vie des citoyens ou envoyer des soldats dans des zones de conflit alors que la sécurité n’est pas assurée dans le pays. Par contre les dirigeants en profitent pour tisser des liens occultes, créer leurs réseaux d’enrichissement personnel et leurs deals en secret pour leur reconversion future. Ils n’ont cure de la satisfaction des besoins des peuples qui les ont élus.
La sécurité des personnes et des biens est loin d’être assurée dans notre pays. Par contre les dirigeants et leurs affidés se blindent. On comprend la taille disproportionnée du service de sécurité du président dont les déplacements ressemblent au déplacement du président Obama. On comprend l’arsenal répressif de nos forces de sécurité et le bâillonnement des libertés. La politique menée depuis 2012 ne produit que pauvreté et désolation car fondée sur la prédation et la prévarication de nos deniers publics, la mise à l’écart de notre secteur privé national, la manipulation des masses et la dépravation des mœurs.
Une inflexion de cette politique est vivement souhaitée pour redonner à notre pays toutes ses lettres de noblesse..
Jummah Mubarak
Peps Guèye


