Au Sénégal, les drames se succèdent depuis un certain temps. De l’eau, au feu, en passant par les accidents de la route, tout se déchaîne, et c’est la population qui en souffre. A chaque fois, le président Macky Sall est appelé à la rescousse. Sur les lieux du drame ou loin, il essaie de soutenir à sa manière les populations victimes. Bien vrais que ces malheurs ne sont que des concours de circonstances. Mais, on essaie d’une manière ou d’une autre d’en tirer le meilleur, n’en déplaise aux victimes.
Des élus locaux qui présentent leurs doléances
Ce n’est peut-être pas opportun ou plutôt est-ce totalement le bienvenu. Peu importe, les élus locaux responsables des lieux de drames ne se retiennent pas après le passage des malheurs. Face à la presse, aux délégations gouvernementales ou carrément en face du président Macky Sall, les maires n’hésitent pas à transformer leurs condoléances en doléances.
Après l’incendie de Médina Gounass, le maire Seydou Bâ n’a pas modéré ses propos. Il a dégagé sa responsabilité en rappelant à l’Etat toutes les demandes qu’il avait exprimées en ce qui concerne la mise en place de bouches d’incendie. Ainsi, il a soulevé la question d’approvisionnement en eau de sa commune.
Quant aux populations de Bettenty, elles ont émis le souhait, à travers de leurs représentants, de la réfection de leur mosquée, de la mise en place d’un poste de gendarmerie et du dragage de leur fleuve. Le chef de village a même demandé à ce que Bettenty soit érigé en commune avec toutes les infrastructures y afférentes.
Ce sont ici quelques exemples parmi tant d’autres où les populations saisissent l’opportunité de ces moments de deuil pour présenter leurs besoins au chef de l’Etat. Pour le chef de village de Bettenty, cela se justifie par le fait qu’ils sont oubliés par les autorités sénégalaises qui, dit-il, « ne leur rendent pas visitent, même lors des campagnes électorales».
Un président qui semble profiter des occasions
Il faut avouer que ces occasions ne profitent pas qu’aux populations. C’est aussi l’occasion pour le chef de l’Etat de témoigner de sa « générosité » tout en veillant à améliorer son image auprès de ces dernières. Mieux encore, il jette les bases d’une campagne électorale qui ne dit pas son nom. Ainsi à Bettenty, il a promis que le village sera érigé en commune avant les législatives prochaines. Il a ajouté à cette promesse la prise en compte des doléances formulées par les populations.
On se rappelle qu’à Médina Gounass, il a promis, après le drame, d’ « humaniser » le site du Daaka. Après l’incendie au marché Zinc de Kaolack, il a fait monter les enchères en assurant la construction d’un nouveau marché central à Kaolack.
Toutes ces promesses, qui ont un arrière-goût de promesses électorales, s’accompagnent des millions versés pour aider les populations sinistrées ou victimes. Bonnes intentions, nécessités ou gestes politiques, ces différentes promesses ne manquent pas d’attirer l’attention.
Il faut espérer que Etat et autorités locales ne soient pas les larrons qui font des circonstances de drames les occasions parfaites. Car les victimes, elles sont les grandes perdantes de l’histoire.



