Au Sénégal la cohabitation entre le pouvoir et l’opposition n’a jamais été tendre. Depuis 1960, les relations entre les chefs de l’Etat et l’opposition n’ont jamais été des meilleurs. Ainsi avec l’aide de la justice (considérée comme l’arme secrète du président) d’aucuns soutiennent que celle-ci est souvent utilisée pour contrer des opposants. De Léopold Sédar Senghor à Macky Sall en passant par Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, les faits en disent long. Si certains opposants sont emprisonnés d’autres sont contrés de s’exiler.
Au Sénégal l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques est le jeu favori des autorités. De 1960 à nos jours les chefs d’Etats ont utilisé la justice pour neutraliser leurs adversaires politiques. En 1960 année de l’accession du pays à la souveraineté internationale, le Sénégal avait opté pour un modèle politique assez proche du modèle français, avec des pouvoirs très importants donnés au président du Conseil et un rôle limité au président de la République. Cette répartition des pouvoirs sera l’arme qui va déclencher un conflit entre le président poète Léopold Sédar Senghor et son ami Mamadou Dia président du Conseil d’alors. Les années passent et la relation entre ces deux hommes va de mal en pire. Mamadou Dia qui commençait à avoir des ambitions politiques, sera très vite stoppé. Ainsi pour se débarrasser de cet adversaire, Léopold Sédar Senghor accuse Mamadou Dia de vouloir opérer un coup d’Etat. Il sera condamné et déporté à la prison de Kédougou où il a passé treize années avec ses compagnons. Comme si cela ne suffisait pas, un autre fait des plus mystérieux entache l’environnement politique sénégalais. Le jeune Omar Blondin Diop a été retrouvé mort sa cellule en prison.
Toujours déterminés à préserver leurs fauteuils, les chefs de l’Etat sont souvent capables même du pire. L’ancien président Abdou Diouf n’a pu échapper à la règle. Devant un adversaire aussi coriace que Me Abdoulaye Wade, Abdou Diouf a été obligé d’user de la constitution pour empêcher le démocrate de s’exprimer.
Comme si l’histoire bégayait, le même scénario se répète durant l’avènement d’Abdoulaye Wade à la tête de la magistrature suprême. En effet, on se rappelle du contentieux entre Idrissa Seck et Abdoulaye Wade. Un problème d’argent, ou du moins un conflit politique opposant ces deux hommes a fini devant les tribunaux. Car Abdoulaye Wade qui voulait se débarrasser de son premier ministre devenu à la limite encombrant, a fait emprisonner celui-ci.
Si les trois présidents sont accusés d’avoir une main mise sur la justice, le président Macky Sall n’y échappe pas non plus. Ayant longtemps prôné une justice équitable, car étant victime lui même d’injustices du régime de Wade, le Président Macky Sall semble refaire la même choses que ses prédécesseurs. Il s’en prend de plus en plus aux opposants devenus des menaces politiques pour lui. Oumar Sarr, Mamadou Massaly, Karim Wade, Khalifa Sall, Bamba Fall entre autres sont passés par a case prison.
Par Adnan Yahya Bodian (stagiaire)


