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Mauritanie – Sénégal: La tension monte !

La tension est montée d’un cran entre le Sénégal et la Mauritanie. Cela résulte des faits du 26 janvier dernier lorsque les garde-côtes mauritaniens ont tiré à balles réelles sur trois pécheurs sénégalais, les blessant grièvement dont l’un au cou. Un incident qui a été suivi par d’autres, moins graves, mais tout aussi préoccupants. Il s’agit de l’arrestation par les autorités mauritaniennes de quelque 180 pécheurs sénégalais dont une quarantaine a été reconduite à la frontière. D’ailleurs, le ministre des affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, était attendu, hier à Nouakchott pour discuter de ce sujet, mais bien d’autre qui fâchent comme le cas de la 2Stv. 

On se rappelle en effet de cette sortie de l’animateur Tounkara de la 2Stv qui s’est demandé pourquoi les négro-mauritaniens n’ont pas pris les armes pour lutter contre les pratiques esclavagistes qui survivent dans ce pays. Il leur a demandé d’arrêter de se plaindre et de prendre les armes. Une sortie qui n’a pas du tout plu au président Ould Aziz qui n’a certainement pas manqué d’en faire état aux autorités sénégalaises. En conséquence, la réaction des autorités sénégalaises par l’entremise du secrétaire d’État à la Communication, n’a surpris personne. Par sa voix, l’Etat a menacé de retirer la licence à la 2Stv.

Mais une semaine après, la Mauritanie a réagi en tirant sur les pécheurs sénégalais et en réactivant une loi sur la pêche qui est interdite pour les étrangers alors que celle-ci n’a jamais été appliquée. Il convient cependant de souligner que ce qui a été la goutte qui a fait déborder le vase, a été la médiation d’Aziz dans la crise gambienne. La venue en catastrophe du président mauritanien en Gambie avait des allures d’opération de sauvetage de Jammeh en tant que personne.

Cette vision est, en tout cas, d’un groupe d’homme politique et d’intellectuels mauritaniens, composés de Syndicalistes, de membre de la société civile, de personnalité indépendante, regroupés au sein d’un collectif dénommé le Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU), qui a rendu public un communiqué à Nouakchott. Ils dénoncent vigoureusement la position de la Mauritanie au cours de la crise gambienne et regrettent la détérioration des relations entre leur pays et certains de leurs voisins.

Ils insistent sur le fait que « la tension avec le Sénégal a été aggravée par la médiation de Ould Aziz en Gambie ». Eh bien, on ne peut pas dire que ce collectif ait tort. Le Sénégal ne saurait apprécier que les amis de Yahya Jammeh aient attendu la dernière minute pour mettre en échec, et a deux reprises, l’ultimatum de la Cedeao. Certes, la Mauritanie n’est pas la Gambie, et Ould Aziz n’est pas Jammeh, mais les relations de voisinage entre les deux pays ont été particulièrement difficiles, surtout depuis le long règne de Ould Taya, souteneur à l’époque de la rébellion casamançaise et ami inconditionnel de Yahya Jammeh.

L’attitude grégaire, pour ne pas dire xénophobe des autorités mauritaniennes, est à juste titre dénoncée par l’association de mauritanien à Saint-Louis dont le président a fait une sortie la semaine dernière pour demander à Aziz de s’inspirer du comportement pacifique et responsable du Sénégal.

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