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Journée Internationale de la Paix : Le Pape appelle à éradiquer l’indifférence

L’indifférence est l’ennemi de la paix. Le Pape a bien compris ce danger. À Assise, François a appelé les chefs religieux à être «des médiateurs créatifs de paix».

Les images ont un air de déjà-vu: Jean-Paul II puis Benoît XVI ont été les invités de la communauté Sant’Egidio, qui organise chaque automne dans une ville du monde des rencontres interreligieuses pour la paix. Mais l’appel lancé au monde, mardi, par le pape François à Assise – où il était à l’honneur pour le 30e anniversaire de cette initiative – a revêtu une force toute particulière dans l’actuel contexte international.

D’emblée, François a insisté sur le caractère spirituel de sa démarche, qui vise à rompre ce qu’il a appelé «le paganisme de l’indifférence» par des «réponses spirituelles concrètes pour vaincre les fermetures en s’ouvrant à Dieu et aux frères». Car «Dieu nous demande  (de) faire face à la grande maladie de notre époque: l’indifférence». L’indifférence qu’il dénonce depuis le début de son pontificat: «C’est un virus qui paralyse, qui rend inerte et insensible, un mal qui attaque le centre même de la religiosité.» Et qui conduit au «cynisme de celui qui se lave les mains des problèmes qui ne sont pas les siens» ou à «l’approche virtuelle de celui qui juge tout et chacun sur le clavier d’un ordinateur».

Rappelant sa visite sur l’ïle de Lesbos au printemps dernier, où «nous avons vu dans les yeux des réfugiés la douleur de la guerre, l’angoisse de peuples assoiffés de paix», avec des «enfants qui n’ont rien connu d’autre dans la vie que la violence», le Pape l’a assuré: «Nous ne voulons pas que ces tragédies tombent dans l’oubli.» Il s’agit donc de «prêter notre voix» à ceux que «personne n’écoute».

Et combattre pour la paix, mais «sans armes», avec «la douce et humble force de la prière». Ainsi, «la paix que nous invoquons d’Assise n’est pas seulement une protestation contre la guerre, elle n’est pas non plus le résultat de négociations, de compromis politiques ou de marchandages économiques. Elle résulte de la prière.» Une paix qui «ne peut jaillir des déserts de l’orgueil ni des intérêts de partis, des terres arides du gain à tout prix et du commerce des armes.»

Évoquant le rôle des religions dans ce combat, François a assuré que «la différence» entre traditions religieuses ne peut pas être «un motif de conflit, de polémique ou de froide distance». Quant à la prière, chacun dans sa tradition, elle est «sans syncrétisme et sans relativisme», a-t-il pris soin de préciser en suivant l’exemple de Benoît XVI en 2011 de ne pas prier ensemble avec les autres religions. En 1986, une cérémonie de prière commune avec Jean-Paul II avait prêté à confusion.

Une occasion également, pour le Pape, d’évoquer la violence religieuse: «Jamais le nom de Dieu ne peut justifier la violence. Seule la paix est sainte, pas la guerre!» Car «aucune forme de violence ne représente la vraie nature de la religion. Elle en est au contraire son travestissement.»

Il a alors conclu son intervention en présence de représentants de toutes les religions, dont de nombreux musulmans, par cet appel solennel: «Nous désirons que les hommes et les femmes de religions différentes partout se réunissent et créent de la concorde, spécialement là où il y a des conflits. Notre avenir est de vivre ensemble. Nous sommes appelés à nous libérer des lourds fardeaux de la méfiance, des fondamentalismes et de la haine. Et nous, comme chefs religieux, nous sommes tenus à être de solides ponts de dialogue, des médiateurs créatifs de paix.»

La rédaction

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