Les gambiens n’ont toujours pas tourné la page Yahya Jammeh. Depuis l’accession d’Adama Barrow au pouvoir, les familles des victimes du régime de Yahya Jammeh attendent une justice dynamique et équitable. Mais, après plusieurs mois de patience sans résultats, elles montent au créneau et déplorent des lenteurs de la justice gambienne dans cette affaire. « Si la justice est retardée, la douleur est toujours là’’, explique Malleh Jagne, frère de l’une des victimes.
L’ancien chef d’État gambien, Yahya Jammeh passe une retraite paisible en Guinée-Équatoriale depuis son exil après sa défaite à la présidentielle de fin 2016. Le roi du fleuve qui est estampillé de tous les noms d’oiseaux en Gambie n’a rien n’à craindre pour le moment, car aucune poursuite judiciaire n’a été lancée contre lui. Une situation que regrettent les familles des victimes persécutées et tuées sous l’ère du dictateur. Elles notent des lenteurs dans les procédures judiciaires en Gambie.
Face à cela, les défenseurs des droits de l’Homme mettent la Gambie en garde contre toute précipitation. « Le système judiciaire gambien ne semble pas prêt pour des procès importants », constate le juriste américain Reed Brody, qui a travaillé 18 ans avec les victimes du régime de l’ex-président tchadien (1982-1990) Hissène Habré. Selon lui, il ne suffit pas d’avoir des victimes. Mais plutôt des gens qui puissent prouver la responsabilité individuelle d’un Jammeh.
Le pouvoir d’Adama Barrrow a mené des actions probantes allant dans le sens de rendre une justice équitable aux familles des victimes. En procédant à l’arrestation de plusieurs tortionnaires de Jammeh, ainsi que les neuf agents inculpés dans le meurtre de Solo Sandeng. Mais selon le ministre de justice, Abubacarr Tambadou, Adama Barrow a hérité d’un système de justice pénale en ‘’panne ‘’et, il est en train de le réparer pour pouvoir bien progresser dans les futures procédures.


