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Gambie : Adama Barrow déjà critiqué

La tâche ne sera pas du tout facile pour Adama Barrow. Le successeur de Yahya Jammeh qui a hérité d’un pays traumatisé essuie déjà ses premiers critiques, ou du moins une mise en garde. Après l’agression par ses hommes d’un journaliste, en début de semaine, l’ONG L’Article 19 se signale.

Tout d’abord, L’Article 19  accueille favorablement le transfert pacifique du pouvoir au nouveau Président élu démocratiquement, Adama Barrow. Ensuite, l’organisation note qu’après 22 ans de répression sous la direction de l’ancien président Yahya Jammeh, le président Barrow doit chercher à améliorer les structures et la culture qui ont conduit à des violations des droits de l’homme dans le passé. Au moment où il commence la transition, sa nouvelle administration doit donner la priorité à la réforme des lois et des politiques qui étouffent actuellement la liberté d’expression, soutient l’organisation dans un texte lu dans le site thepoint.gm

Selon la Directrice de l’Afrique de l’Ouest de ARTICLE 19, Fatou Jagne Senghor, « La Gambie a voté pour le changement, et nous espérons voir le président Barrow respecter les promesses de construire une société engagée à la transparence, la participation du public et la liberté des médias »

«Il est essentiel que la liberté d’expression et d’information soit préservée dans la nouvelle Gambie et nous voulons que le Président s’y engage avec la société civile et les Gambiens ordinaires tout au long du processus de transition. Il est temps que tous les Gambiens aient une voix », a poursuivi Jagne Senghor.

ARTICLE 19 demande à, cet effet, au nouveau gouvernement gambien d’accorder la priorité à la réforme ou à l’abrogation des lois utilisées pour étouffer la liberté d’expression, en particulier la loi sur l’information et les communications, la loi sur les journaux et le code pénal amendé, qui augmente les sanctions contre la sédition, la diffamation.

L’un des héritages du gouvernement de Jammeh est la modification notoire du Code criminel qui définit le crime d ‘«homosexualité aggravée» et se donne des pouvoirs étendus pour arrêter arbitrairement des personnes. Le président Barrow a l’occasion de discuter de la façon dont le code porte atteinte aux libertés fondamentales.

Afin d’envoyer un message d’espoir au moment où le pays quitte le régime répressif de Jammeh, le président Barrow devrait libérer tous les prisonniers politiques injustement emprisonnés pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression et mettre en place des mécanismes permettant le retour des journalistes et des défenseurs des droits humains en exil. La mise en place d’un mécanisme de réconciliation permettrait aux victimes d’abus passés, de violations des droits humains, de trouver la vérité et la justice, réduisant ainsi les risques de conflits et d’instabilité.

La promulgation d’une loi forte sur le droit à l’information et d’un processus d’examen constitutionnel inclusif et consultatif consolidera les droits fondamentaux, y compris le droit à la liberté d’expression et d’accès à l’information et le renforcement des institutions démocratiques.

La nouvelle présidente a l’occasion de promouvoir la participation des femmes et de protéger leurs droits égaux à la liberté d’expression et d’information et à une représentation égale dans les organes décisionnels. Le faire placerait également la Gambie au premier rang des nations progressistes à travers l’Afrique.

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