Quand une société oublie l’humain, elle compromet son avenir. L’expérience a montré que le frein fondamental pour qu’une organisation (un pays, une entreprise, une association, une ONG…) atteigne ses objectifs est un frein d’ordre humain.
Le gros challenge pour l’organisation est de trouver la bonne combinaison entre le formel et l’informel. Dans les sociétés civilisées, qui exploitent bien leur potentiel, l’informel est confiné à 15 à 20 % et le formel à 80 à 85 %. Ce taux de formalisation leur permet de consolider leurs institutions et de créer des richesses. Dans les républiques bananières où l’informel dépasse de loin le formel, la situation est souvent catastrophique. Dans ces sociétés souvent sous développées, on observe un certain nombre de dysfonctionnements liés à :
- Des carences dans le management public et privé car les organisations sont souvent dans le pilotage à vue au lieu d’adopter des stratégies bien pensées. Les dirigeants manquent singulièrement de sens des responsabilités et ignorent leur véritable rôle dans la société (créer de la valeur pour leur organisation). Comme un poisson pourrit toujours par la tête, une grande partie du corps social peut être contaminée ;
- De la cacophonie dans l’action gouvernementale où l’information confidentielle fuite en permanence et est loin d’être sécurisée ;
- De l’incompétence de certains acteurs du fait de la mauvaise qualité de la formation reçue ;
- Des nombreux goulots d’étranglement et blocages dans le système du fait du nom respect des procédures et normes de fonctionnement;
- Du mauvais casting dans le choix des acteurs dont la majeure partie ne mérite pas leur position.
Notre président avait bien déclaré qu’une majeure partie de son équipe ne donnait pas satisfaction. Quel aveu d’impuissance et d’échec dans le management du pays. Quel gâchis de moyens pour un pays sous développé et sur endetté. Le doute sur la capacité du capitaine à mener le bateau sunugal à bon port est bien ancré dans les esprits. La gestion budgétaire du pays laisse à désirer, la masse salariale dépasse les normes UEMOA, « normal » parce que le clientélisme et le népotisme sont de rigueur dans les recrutements et la seule préoccupation du locataire du palais est sa réélection.
La gestion des ressources humaines est déconnectée des pratiques managériales. Cette situation bloque les énergies créatrices et empêche la mise en mouvement de la société. Nos dirigeants manquent singulièrement d’humilité, qualité humaine essentielle qui doit amener l’individu à se remettre sans cesse en question, à rester motivé en permanence pour gagner et faire gagner son organisation. Théodor Roosevelt disait que : « le meilleur manager est celui qui sait trouver les talents pour faire les choses et qui sait aussi réfréner son envie de s’en mêler pendant qu’ils les font ».
La responsabilisation et l’engagement sont essentiels dans la réussite de nos projets. Nous devons plus que jamais placer l’humain au centre de nos préoccupations et faire de l’éducation et la formation les seuls leviers de l’ascenseur social. Repenser notre rapport à l’argent, qui atrophie la confiance et déshumanise les relations, nous permettra de retisser les liens sociaux, favoriser l’intelligence collective et créer cette nécessaire cohésion nationale indispensable à la création de valeurs pour une nation. Excellent weekend



