AccueilEconomieEdito du Weekend : Les ravages de l'informel au Sénégal

Edito du Weekend : Les ravages de l’informel au Sénégal

L ’informel est en train de faire des ravages au Sénégal et de plonger le pays dans le chaos. Ce n’est pas la première fois qu’un honnête chauffeur de taxi est tué au Sénégal et ce n’est pas aussi la première fois qu’un taxi tue un honnête citoyen. La plus grande partie des nombreux cimetières roulants dans le pays sont des taxis qui constituent le lot encore important des véhicules qui ont dépassé de loin leur durée de vie et qui sont en activité au Sénégal. Comment toutes ces voitures ont pu obtenir leur autorisation au service des mines. ? Une grande partie des constructions immobilières réalisées dans le pays ne sont pas aux normes.

L’informel commence toujours à la tête de l’Etat car un poisson pourrit toujours par la tête. Nos dirigeants persistent à vouloir construire sur des fondations en ruine et refusent de réformer en profondeur cette société. Jamais notre pays ne s’est trouvé dans une situation si dramatique de perte de repères, de valeurs et de déliquescence morale. Tous les pans de la société sont touchés par des pratiques informelles (corruption, concussion, prise illégale d’intérêt, trafic d’influence) dont le dénominateur commun est l’argent. Pour de l’argent, les structures éducatives se détournent de la pédagogie du savoir, du savoir-faire,  du faire-savoir et du savoir-être. Pour de l’argent les individus sont prêts à tuer,  à détruire la vie personnelle et professionnelle d’honnêtes gens, à séparer des enfants de leurs papas.

Nous sommes dans un pays où l’argent peut tout acheter. Nos dirigeants utilisent l’argent pour acheter les consciences et corrompre (mais l’argent ne peut pas acheter la paix ni le respect, ni la dignité d’un peuple). Ils utilisent l’argent public pour leurs besoins personnels et pour les besoins de leurs politiques clientéliste et népotique. Toute la classe politique qui a présidé aux destinées de ce pays depuis le départ de Mamadou Dia est disqualifiée.Ils ont lamentablement échoué.

Dans notre pays, la vie tourne maintenant autour des pratiques mystiques de destruction. L’éducation et la formation sont reléguées aux calandres grecques. Les notions de peuple, de famille se sont considérablement disloquées. C’est devenu la loi de la jungle avec ses lots de manigances, de deals, de complots, de dénigrement, de scandales politico financiers, sexuels et j’en passe. L’informel a gangréné tout le corps social. Chaque instant, le citoyen est menacé d’accident et d’agressions d’origines diverses.

Le pays où sont nés d’illustres hommes de dieu, où le mot Allah est le plus prononcé dans le monde, a bien changé. Lorsqu’il y’a maintenant beaucoup plus de Djoulikats (faux croyants) que de Djoulits (vrais croyants),  lorsque l’informel dépasse le formel, la situation devient catastrophique. La société est gangrénée par de nombreux maux qui ont pour noms : paresse, indiscipline, oisiveté, trahison, méchanceté gratuite, jalousie maladive, maux entretenus par une mal gouvernance publique et privée chroniques. Ces maux nécessitent une introspection collective (un ndeup ou exorcisme) pour les extirper du corps social.

Demander la récitation du coran et faire des prières ne suffisent plus. Les dignitaires religieux de toutes confessions (du moins ceux qui s’estiment crédibles), doivent taper sur la table et adjoindre les dirigeants à prendre leurs responsabilités sur la prolifération de l’informel ou se démettre. Ils doivent appeler résolument leurs adeptes à se détourner des pratiques informelles néfastes pour la société et la cohésion sociale. Le peuple doit aussi se tenir prêt pour parachever la révolution du 23 Juin 2011. Le pays est dans une dérive dangereuse et il urge de redresser la barre avec un nouveau leadership et un nouveau management public et privé. Excellent weekend

 

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