AccueiluneEdito du Jeudi : Relation entre le spirituel et le temporel

Edito du Jeudi : Relation entre le spirituel et le temporel

La relation entre le spirituel et le temporel dans nos sociétés doit être garante de la paix et de la cohésion sociales et être facteur de développement. C’est donc paradoxal de voir les distorsions qui peuvent s’installer quand les acteurs de chaque catégorie interfèrent. L’actuel ministre de l’Intérieur du Sénégal avait déclaré que les familles religieuses constituaient l’âme, les piliers et le socle de la société sénégalaise, tout en réaffirmant la volonté et l’ambition du gouvernement de moderniser les cités religieuses. Il est donc légitime que le peuple attende des foyers religieux des comportements exemplaires et qu’ils servent de remparts contre toutes les dérives constatées dans nos sociétés. Le peuple ne comprend pas quand un dignitaire religieux interfère dans des affaires judiciaires pour demander la libération d’un des plus grands prédateurs éhontés de nos ressources publiques que le pays n’est jamais connu ou la libération de criminels notoires. Comme par hasard, le Président de la République avait remis au même moment sur la table la controversée médiation pénale pour récupérer les biens dis mal acquis. La raison humanitaire pour libérer un prisonnier politique ne s’applique pas pour les autres catégories de détenus. Bizarre. L’Etat doit nous édifier sur les cinquante milliards récupérés dans cette rocambolesque affaire d’enrichissement illicite. Il souffle dans ce pays un parfum de complot ou de connivence entre le spirituel et le temporel pour faire avaler la couleuvre à ce vaillant peuple. C’est le foyer religieux qui doit être en première ligne dans le combat pour la récupération de tous les biens mal acquis. C’est le foyer religieux qui doit être un rempart contre le népotisme, le clientélisme, l’ostracisme et les pratiques de caste. C’est le foyer religieux qui doit être un rempart contre toutes les pratiques informelles (corruption, concussion, prise illégale d’intérêt, trafic d’influence, spéculation) et pratiques déviantes (fétichisme, charlatanisme, indiscipline, oisiveté, jalousie maladive, méchanceté gratuite…) dans nos sociétés. Comment comprendre que la mendicité des enfants perdure dans ce pays ? C’est le pouvoir spirituel qui doit en première ligne pour promouvoir les comportements civiques et citoyens, inculquer à chacun la primauté de dieu et de ses deux parents et le détourner de l’idolâtrie. Force est de constater que certains détournent cette noble mission vers des dessins obscures. Nous devons méditer ce post d’un internaute : « Trop de Bokalé, Kou yakar si niite yallah bayi la ak kokou di la cétane. Si tu vois ton marabout avec des terres, des richesses, des femmes, du succès, et toi le disciple tu continues de t’enfoncer dans la misère tu dois commencer à te poser des questions. » Quand le Président de la République sort cette phrase sur l’interpellation d’un magistrat : « J’attends de mes collaborateurs et plus généralement de tous ceux qui participent à la gestion des ressources publiques, un comportement irréprochable et à la hauteur des aspirations et attentes des Sénégalais », alors que sa situation patrimoniale n’est pas claire par rapport aux deniers publics, son budget présidentiel disproportionné est loin d’être une vertu, le peuple se pose des questions. Notre avenir est dans l’éducation et la formation pour rendre autonome, libre, honnête et intègre un nouveau Citoyen dans une nouvelle République plus juste, plus unie, plus solidaire et en progrès. Excellente journée

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