La violence verbale et physique a pris des proportions inquiétantes dans notre Pays. La peur, l’angoisse, le manque de confiance semblent s’être saisis des sénégalais suite aux différents actes de violence relatés dans la presse. Les difficultés économiques ne suffisent plus à l’expliquer.
Il faut également y lire l’indiscipline de nos concitoyens que nous constatons tous les jours : dans la circulation, dans la rue, dans les marchés, dans les lieux de travail, dans les lieux de culte, dans les médias… partout elle est présentée. Elle serait le résultat d’un mauvaise éducation dont l’essence culturelle nous viendrait d’Outre atlantique, porteuse de valeurs autres. Ici il s’agirait d’interroger le contenu de notre système éducatif véhiculé par nos médias et nos écoles pour se rendre compte du fosse énorme qu’il y a entre nos « valeurs profondes » et les « valeurs » qui s’y enseignent.
Pour y parvenir une critique et une autocritique individuelle et collective, un « Ndeup » comme dirait le psychologue le Pr Serigne Mor Mbaye deviennent des impératifs.
La menace de la réintroduction de la peine de mort dans le droit positif sénégalais est de plus en plus brandie comme panacée pour ralentir l’ardeur voire dissuader les éventuels agresseurs de commettre leurs méfaits. La peine capitale a existé. Elle a été abrogée pour des considérations politiques, pour mettre des alliés à l’abri de poursuites judiciaires . Sa réintroduction dans le droit positif pourrait rasséréner les esprits, sécuriser les sénégalais mais en aucun cas elle ne pourrait extirper la violence de notre société. Ce n’est pas sa pertinence, son opportunité ou son fondement moral qui sont en jeu. Il s’agirait de mesurer son efficacité.
L’éradication de la violence sous toutes ses formes sollicite un effort « d’introspection » de la part de chacun et de tous pour évaluer sa part de responsabilité et en conséquence « conformer » ses attitudes et comportements à nos vraies valeurs morales et éthiques. Nous sommes en face d’une crise aiguë des valeurs qui pourrait, nous ne le souhaitons pas, déboucher sur une crise politique, une crise sociale, une crise des institutions si l’on n’y prend garde et si des mesures appropriées ne sont prises. Comme les crises de sinistre mémoire de la fin des années 1980 où des meurtres, des années universitaires invalides ou blanches, des couvre-feux, des états d’urgences… ont été ressentis par les sénégalais. Qu’Allah nous en préserve !
Par Farba Senghor (Bour sine)


