AccueilSociétéZones touristiques du Sénégal: Entre 252 et 500 mineurs sexuellement exploités

Zones touristiques du Sénégal: Entre 252 et 500 mineurs sexuellement exploités

Le phénomène est grave. À simplement ouïr l’expression « exploitation sexuelle des enfants », le cœur gonfle, prêt à exploser. Les avancés çà – et- là par la Direction des Droits de la protection de l’enfance et des groupes vulnérables (Dpegv) font froid au dos. Même s’il n’y a pas encore de statistiques officielles quantifiant les dégâts du phénomène. 

Niokhobaye Diouf, Directeur des droits de la protection de l’enfance, informe qu’entre 252 et 500 enfants sont touchés par l’exploitation sexuelle au Sénégal, particulièrement dans les zones touristiques comme Dakar et la petite Côte. Il a fait cette révélation hier, lors du lancement du projet « lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales au Sénégal ». Avec l’appui du Luxembourg, la Dpev entend travailler à renforcer la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle dans les zones ciblées par le projet que sont Dakar (Pikine, Yeumbeul Nord et Sud, Malika), Yène (Toubab Dialaw, Kelle, Niangal) et Mbour. Ledit projet est financé par le Luxembourg à hauteur de 80 %, soit une contribution financière de 135 millions FCfa.

 « Il est très difficile d’avoir des statistiques nationales, nous avons des données éparses. Aujourd’hui, de manières systématiques, on ne peut dire tant de cas d’enfants sont touchés par l’exploitation sexuelle, parce qu’il n’y a pas eu d’enquêtes significatives sur la question. Les chiffres que nous avons, comparés à la réalité, sont exorbitants. Il faut juste considérer que c’est un phénomène alarmant qu’il faudra combattre », souligne Niokhobaye Diouf, directeur des droits de la protection de l’enfance et des groupes vulnérables (Dpegv). 

Aujourd’hui, l’objectif de M. Diouf et Cie est de renforcer les objectifs de prise en charge des enfants victimes d’exploitation sexuelle. Le projet livrera les premières données approximatives sur l’ampleur du phénomène, au moins dans les zones cibles. « Dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet, nous nous attèlerons à mettre en place un dispositif de gestion de la connaissance, à travers des enquêtes qualitatives qui nous donneront une idée sur l’ampleur du phénomène », confie Niokhobaye Diouf, selon qui, les principales formes d’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales sont, entre autres, la pornographie, la prostitution, les mariages précoces ou forcés, les voyages touristiques. Aussi « la mise en place d’un comité d’alerte et de suivi constituera-t-il une alternative à la réponse à la vulnérabilité des enfants », indique M. Diouf.

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