Les élections gambiennes se sont déroulées dans la plus grande surprise. Le dictateur Yahya Jammeh a réussi à organiser des élections libres et transparentes sans la surveillance des Observateurs de l’ONU, de la Cedeao et de l’Union Africaine. Au même moment, la transparence du processus électoral est remise en cause au Sénégal, ce pays, jadis qualifié de grande démocratie.
Un vent nouveau de démocratie a soufflé, vendredi, sur la Gambie. C’est plus qu’une victoire, mais une gloire du peuple. Yaya Jammeh, qui aime tant les références islamiques et qui se croit investi d’une mission divine, a bien décodé le message en admettant sa défaite. Ainsi qu’il soit loué. Quoique l’on puisse dire, comme l’a bien écrit, l’expert en élection, Ndiaga Sylla , « Malgré le refus d’accréditer des missions d’observation de l’ONU, de la CEDEAO et de l’Union européenne, le « dictateur » a pourtant été en mesure de garantir l’organisation d’élections crédibles et de se conformer au choix du peuple gambien… » . Véritable pied de nez au donneur de leçons, le Sénégal voisin qui peine d’avoir un consensus sur le processus électoral en cours, déjà saboté par le Président Macky Sall , tenté lui aussi par l’autoritarisme.
Ce qui vient se produire en Gambie est révolutionnaire : c’est un scrutin organisé et supervisé exclusivement par les Gambiens, eux-mêmes. Un scrutin pacifique, libre et transparent. Un scrutin dont le vote par boule, institué depuis 1960 est toujours en vigueur. Comme nous l’explique le site apanews : « l’électeur, dans un premier temps, présente sa carte d’électeur aux membres de son bureau de vote et ces derniers après vérification de son nom sur une liste lui remettent une boule. Muni de celle-ci, il se rend dans un isoloir où sont placés des fûts en métal portant chacun d’eux la photo d’un candidat, la couleur et le symbole de son parti. » « Ce genre de vote est, en quelque sorte, économique. Vous pouvez utiliser le fût et les boules pour plusieurs élections. Non, on ne peut pas faire de bourrage des urnes », a soutenu un responsable de la Commission électorale indépendante de la Gambie à l’Apanews. Ce système est plus pratique pour les analphabètes.



