L’élection d’Emmanuel Macron à la tête de la France est certes une victoire contre le Front National. Mais, elle est surtout perçue comme une victoire de la jeunesse. A 39 ans, le candidat d’En Marche! est le plus jeune président jamais élu en France. Il représente un espoir pour la jeune élite française mais aussi, il inspire déjà celle africaine. Le parcours de cet homme jusqu’à son accession à la magistrature suprême, amène à se demander si en Afrique, plus particulièrement au Sénégal, un « Emmanuel Macron » pourrait-être porté à la tête du pays.
Ceci est une simple interrogation qui permet de voir si les conditions politiques et réglementaires pourraient permettre la reproduction du phénomène « Macron » au Sénégal. Bien que la constitution sénégalaise ait mis l’âge minimum pour prétendre à la magistrature suprême à 35 ans, il serait assez étonnant de voir un jeune de cet âge accéder au pouvoir.
Les raisons sont simples. Au Sénégal, la multitude de partis politiques qui existent ont une structuration plus ou moins standard. Cette dernière consiste souvent à hiérarchiser les membres selon le critère de l’ancienneté. Pour cela, il serait difficile de voir un « jeune »être promu au sein du parti au point d’être choisi par ce dernier pour être candidat aux présidentielles.
On pourrait, d’un autre côté, supposer que ledit candidat fonde lui-même son parti en vue des présidentielles. Sa jeunesse risquerait d’être pour lui un facteur défavorisant. L’électorat sénégalais, habitué à composer avec une classe politique qu’il connait aurait du mal à lui faire confiance, à moins qu’il soit porté par des anciens connus de tous. En Afrique comme au Sénégal, le droit d’aînesse compte énormément et cela se sent également dans le domaine de la politique. Jeunesse signifie souvent manque d’expérience.
Macron aurait été un Sénégalais que sa candidature serait un véritable fiasco. Et pourtant, il ne manque pas de connaissances,et de compétences pour la gestion d’un pays. C’est en ce sens que les peuples africains devraient revoir leur manière de percevoir la politique afin de choisir lors des élections le meilleur pour leurs pays. Car, aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années.



