Le tribunal de grande instance de Diourbel a mis en délibéré jusqu’au 21 février prochain une affaire de viol suivi de grossesse opposant deux familles Mbacké Mbacké. Serigne Bass est poursuivi pour abus sexuels sur Nd. D.
C’est une affaire entre Mbacké- Mbacké. Un viol suivi de grossesse où le mis en cause a toujours bénéficié d’une libération provisoire, malgré la gravité des faits qui datent du 5 janvier 2016 au quartier Ndamatou de Touba. Ce jour, la victime, Nd. D. Mbacké, rendait une visite amicale au mis en cause, Serigne Bass Mbacké, qui selon elle, avait promis de l’épouser. Mais arrivée sur les lieux, Serigne Bass s’est jeté sur elle, l’a bâillonnée, jetée sur le matelas, avant de la contraindre à des relations sexuelles. « il m’a forcée à coucher avec lui. Il était plus fort que moi et je ne pouvais résister. Rentrée chez moi, j’ai eu honte de m’en ouvrir à ma mère », soutient-elle à l’enquête préliminaire. Mais, deux mois plus tard, la famille de la présumé victime se rend compte de l’état de grossesse. Pressée de questions, elle a indexé Bass Mbacké.
Le 3 mars 2016, sa famille dépose une plainte à la police de Touba. Le 10 du même mois, un médecin confirme la grossesse. Interpellé, Serigne Bass nie tout, confiant aux enquêteurs n’avoir jamais eu de rapports sexuels avec la fille. « Lorsque sa famille a découvert qu’elle est enceinte, elle a fait appel à moi, me demandant de reconnaitre l’enfant et, en cas de refus, elle allait porter plainte contre moi, pour viol » raconte Bass.
Hier, à la barre du tribunal de Diourbel, il a persisté dans ses dénégations. Contrairement à la présumé victime qui a servi au juge, une version différente de celle défendue devant les limiers. À la question de savoir pourquoi elle n’a pas alerté les gens, elle a répondu que son « bourreau » s’est servi d’un oreiller : « il a mis l’oreiller sur moi pour m’empêcher de crier et s’est servi de sa main gauche pour enlever ma culotte. »
Commis par la partie civile, Me Abdoulaye Babou a versé de chaudes larmes en pleine plaidoirie, estimant que sa fille, meurtrie, salie, a eu honte de raconter sa mésaventure à ses parents. Outre les tests Adn, la partie civile réclame 50 millions FCfa, à titre de dommages et intérêts. Quant au procureur, il s’est rapporté à la sagesse des juges. Me Khassimou Touré, avocat de la défense a posé un problème d’imputabilité, des pièces essentielles manquant à l’affaire. L’affaire est mise en délibéré jusqu’au 21 février 2017, nous informe l’Obs.



