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Thank God It’s Friday (T.G.I.F.) : Patrimonialisation de l’Etat

La patrimonialisation de la gestion de l’Etat retarde lourdement notre développement. Nos dirigeants ont une singulière conception du management des organisations dans nos pays. Un pays en confrontation, litige, contentieux permanents trouvera-t-il le temps pour penser à son développement et ainsi à la satisfaction des besoins des populations, but essentiel de l’action politique ? Comme toujours, un poisson pourrit toujours par la tête. Les contentieux non élucidés au niveau de l’Etat et la nébuleuse qui entoure certaines activités gouvernementales portent un discrédit déplorable sur nos institutions. Aucun juge ne s’auto saisit pour essayer d’élucider certaines affaires. Cette situation va jusqu’à plomber la croissance économique du pays.

Une certaine conception patrimoniale de la gestion des structures étatiques constitue le fléau essentiel de notre société. C’est à la tête de l’Etat que cette patrimonialisation commence. Les pouvoirs démesurés du président de la république autorisent toutes les dérives. Le budget de la présidence d’un pays sous-développé de 13 millions d’habitants est presque au niveau du budget de la présidence d’un pays développé de 65 millions d’habitants comme la France. Cette situation est préoccupante. Le clientélisme et le népotisme (surtout familial) constituent toujours des modes de gouvernance. Nous refusons de couper le cordon ombilical avec le système du Parti-Etat qui étale ses ramifications dans tous ses démembrements (sociétés et agences nationales) et qui prévaut depuis les indépendances.

Le peuple confie ses ressources à une personne élue par lui pour que ce dernier en prenne scrupuleusement soin, les fructifie rationnellement et les répartisse harmonieusement. Ces ressources ne constituent donc pas un patrimoine d’un seul clan. Confier le management d’une structure publique sur des considérations uniquement partisanes et/ou ethniques est la meilleure façon de gaspiller les deniers publics. Ces dirigeants de structures publiques ont une propension à abuser des deniers publics pour les besoins de la campagne électorale de leur chef et aussi pour les besoins de leurs proches (familles biologique et politique, amis, marabouts, féticheurs). Ceux qui sont polygames seront encore plus budgétivores. D’autres vont puiser dans les caisses pour entretenir leurs différents bureaux (maitresses).

Les scandales financiers ne cessent de se révéler dans ces structures. Comment comprendre qu’un directeur puisse utiliser frauduleusement l’approbation de son Président de Conseil d’Administration (PCA) pour s’accorder une augmentation de salaires ? Parfois la connivence entre directeur et PCA entraîne des actes de prédation insupportables. Il est indécent de constater le train de vie de ces structures dans un pays sous-développé et surendetté. La gestion de ces structures en pâtit et en subit le plus souvent les conséquences. Les objectifs essentiels sont détournés et leur performance obérée. Le contexte international est déjà difficile, si on y ajoute des incohérences, aberrations et prédations internes, la situation devient problématique.

Dans notre société, les modes de dévolution du pouvoir, les connexions familiale et amicale, les relations entre les gens faussent tout. Il est temps que nos dirigeants se respectent et respectent leur peuple. Ce peuple a droit à la bonne gouvernance de ses ressources et moyens. Ce peuple a droit, en permanence, à une qualité de vie convenable et non seulement pendant quelques jours que durent des sommets et conférences. La mise en mouvement de la société doit mettre les gens au travail au lieu d’être tout le temps dans des querelles de chapelle (tésenté, khiro, gnayo…). Le respect des deniers publics doit être un sacerdoce et ce respect doit venir et être impulsé de la tête de l’Etat. Jummah Mubarak

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