La Tabaski appelé en arabe Aïd al-Adha ou Aïd el-Kebir, est la fête la plus importante de l’islam. Elle a lieu le 10 du mois de Zoul-hijja, après la station sur le mont Arafat. Au Sénégal, elle a fini par s’accommoder aux effets mondains au point de faire souvent oublier son sens originel.
Originaire du mot sérère, la tabaski était une ancienne fête religieuse sérère. Avec l’arrivée de l’islam, cette fête commémore chez les musulmans la force de la foi d’Ibrahim envers son Dieu. Celui-ci avait accepté de sacrifier, sur l’ordre de Dieu, son unique fils Ismaël. Mais après son acceptation de l’ordre divin, Dieu envoya l’ange Gabriel (Jibrīl) qui substitue à l’enfant, un mouton qui servira finalement d’offrande. En souvenir de cet acte d’Ibrahim, les musulmans qui en ont les moyens sacrifient un animal, de préférence un mouton âgé de six mois au moins, à l’arrivée de cette date.
Mais au Sénégal, cette fête religieuse est affectée depuis quelques années par la coutume et les effets mondains. En effet, c’est devenue l’occasion pour les sénégalais de se rivaliser de puissance financière à travers la valeur du bélier à sacrifier, de la cherté des habits à porter et des dons envers les parents et proches.
On oublie au passage, que la Tabaski n’est ni un Pilier de l’islam, ni une obligation majeure comparable à une prière ou au jeûne du Ramadan.
Certes, la célébration de la fête, l’immolation d’un mouton âgé de plus de 1 an et qui commence à avoir 2 Ans ou la chèvre qui a deux ans ou le bovin qui a deux ans, ou le chameau qui a complété cinq ans est une recommandation divine. Mais elles ne sont pas pour autant une obligation pour celui qui n’est pas en mesure de le faire. Néanmoins, par tous les moyens, les pères de famille au SENEGAL, se sentent obligés d’immoler un gros bélier sous peine d’être la risée des populations.
Quid de ceux qui s’aventureront à immoler une chèvre à Dakar ?
D’un autre côté, les grâces à l’endroit des parents proches sont aussi devenues des obligations. Certains sont mêmes obligés d’acheter des moutons pour certains de leurs proches qui ne sont pas en mesure de débourser le prix du sacrifice. Les dames, elles sont aussi contraintes de montrer leurs largesses aux belles-familles.
Bref, au Sénégal, la Tabaski est plus qu’une fête religieuse car, désormais affectée par les effets mondains.
Il faut rappeller que le sacrifice rituel est soumis à la suffisance familiale, lorsque plusieurs personnes habitent la même concession. Il suffit que le père de famille offre le sacrifice pour en exempter les autres.
Et il faudrait que l’offrande soit excédentaire par rapport aux besoins du musulman pendant tous les 3 jours qui suivent la Tabaski. Autrement-dit, vous ne devez égorger un animal, que vous risquez de payer cher, si vous n’êtes pas sûr d’avoir de quoi nourrir et habiller votre famille pendant le jour de la Aid et les 3 Jours qui le suivent.
Dans beaucoup de pays arabes et notamment en Europe, les populations musulmanes, dérogent à ce sacrifice rituel. Seuls, les plus nantis égorgent un mouton, le jour de la Tabaski.



