Les actes produisent plus de résultats que les paroles. A ce titre la république doit tresser des lauriers au magistrat Ibrahima Hamidou DEME qui a osé dire tout haut ce que toute la famille judiciaire pensait tout bas et rendre le tablier pour désaccord avec la manière dont fonctionne la justice de notre pays :
«Tout le monde constate et c’est un euphémisme que de dire que la justice est sous pression. Nous savons tous que, par rapport à l’actualité judiciaire, tous les acteurs de la justice regrettent la manière dont certains dossiers sont traités. Et pour nous, il faut un sursaut qui puisse permettre à la justice de retrouver son lustre d’antan.» dixit Magistrat DEME. Il faut y ajouter l’inspecteur des impôts Ousmane Sonko, l’inspectrice d’Etat Nafy NGOM KEITA et tant d’autres patriotes qui s’indignent de la manière dont le pays est géré et qui ont été injustement brimés, radiés ou embrigadés.
Pourtant le Président de la République, en demandant le suffrage des sénégalais, avait promis une justice indépendante, une gestion sobre et vertueuse du pouvoir. « Abordant la question relative à la performance dans le secteur public, le Chef de l’Etat a souligné à cet effet, l’importance de la recherche de l’efficacité, comme impératif à intégrer par toutes les entités publiques, en vue d’atteindre les objectifs de l’horizon 2017. Toutes les dispositions nécessaires devront être prises par le Premier Ministre afin que chaque entreprise ou établissement public puisse développer, en son sein, une démarche de gestion et de qualité, axée sur les résultats. »
J’avais applaudi des deux mains quand j’avais lu ces lignes dans le communiqué du Conseil des Ministres du 23 Janvier 2013. Si on en est à manquer d’un appareil de radiothérapie dans le pays alors que plus de 1000 milliards de FCFA ont été dépensés dans des investissements loin d’être prioritaires, je ne fais que remarquer comme tant d’autres sénégalais du décalage énorme entre les paroles et les actes de nos dirigeants. Seule une Politique Nationale de la Qualité (P.N.Q.) peut sauver notre pays. Mais la réussite d’une telle politique est tributaire de la complexité de l’humain, des modes de dévolution du pouvoir, des relations que nous entretenons avec l’argent dans notre société. L’expérience a montré que le frein fondamental pour qu’une organisation atteigne la qualité totale, est un frein d’ordre humain.
Le Président de la République insistait, dans le même communiqué, sur la nécessité de réduire le train de vie de l’Etat. Là aussi j’avais applaudi, mais il faut qu’il commence par lui-même avec son budget astronomique de politique politicienne et ceux de l’Assemblée Nationale et de la Primature qui ont augmenté. Pour un pays pauvre surendetté, le niveau de salaires de certains dirigeants de structure publique me semble indécent comme le choix de certaines dépenses : des mercedez à plus de 50 Millions de FCFA, des 4X4 au même tarif pratiquement !!!!!. Faire de la prévention (par l’éducation et la formation, le développement des investissements productifs et la création massive d’emplois décents) est largement préférable aux opérations coup de poing de nos forces de l’ordre pour lutter contre l’insécurité ou les vociférations contre l’insécurité routière. Le rachat de l’opérateur téléphone TIGO par le Groupe Wari constitue une lueur d’espoir pour le développement d’un capitalisme national capable de maintenir la valeur ajoutée dans le pays. Continuons le combat citoyen pour redonner à notre pays toutes ses lettres de noblesses. Jummah Mubarak



