Qu’ont-ils fait de leur patriotisme ? Un peuple meurtri a le droit de solliciter l’unité nationale pour défendre ses valeurs, ses libertés. Mais ne dit-on pas que ma liberté s’arrête là où commence celle de l’autre ? « La liberté d’expression ne donne pas le droit d’insulter la foi d’autrui » dixit le Pape François. Avons-nous les mêmes valeurs pour avoir la même perception de la liberté ? Peut-il y avoir « deux poids deux mesures » en matière de liberté ? La liberté est-elle seulement l’apanage d’une seule catégorie de populations ? Les chefs d’Etats Africains qui ont choisi de participer à la campagne gambienne pour manifester leur solidarité à un peuple meurtri ont surement leur raison. Faudrait-il qu’ils oublient les drames vécus par leurs propres peuples ?
Ces dirigeants sont, en fait, dans leur logique de fonctionnement en oubliant en permanence les tares de leur propre système politique fait de persécution et de radiation d’opposants. Peut-on leur dénier un patriotisme ? Seules leurs pratiques politiques permettent de se prononcer. Ont-ils montré du patriotisme dans leurs actions politiques ? Ont-ils posé des actes de souveraineté pour leurs nations ? Dans un pays sous-développé et surendetté, le réflexe patriotique devait être de réduire le train de vie de l’Etat, le désendetter, d’éliminer les fonds politiques de corruption et d’ériger la bonne gouvernance en priorité.
Tous les présidents qu’on a eus ont augmenté l’endettement du pays par leur tarin de vie dispendieux et une mal gouvernance chronique. Ils ont démantelé des pans entiers du tissu industriel local pour laisser la place à une poignée d’entreprises étrangères. Pour les besoins de leur campagne électorale permanente pour massifier leur parti et se faire réélire, nos présidents ne lésinent pas sur les deniers publics. Ils distribuent à tout va l’argent du contribuable et servent en priorité leur familles biologique et politique. Le comble de l’anti patriotisme est lorsque ces dirigeants veulent nous imposer leurs rejetons ou fratries de rien du tout sans aucun background ni aucune compétence.
Les scandales prolifèrent dans de nombreuses structures gouvernementales alors qu’on nous avait promis une gouvernance sobre et vertueuse. Les actes de népotisme et de clientélisme sont toujours en cours. Un président patriote reste chez lui pour résoudre les préoccupations (croissance atone, niveau élevé du chômage, pauvreté galopante, faible accès à l’énergie et à l’eau, prolifération des pratiques informelles de corruption, de concussion, de prise illégale d’intérêt et de trafic d’influence) des populations qui l’ont élu avant d’aller sillonner le monde pour résoudre des conflits. Un dirigeant patriote doit privilégier et fortifier son secteur privé national et permettre le maintien de la valeur ajoutée dans le pays.
L’ancien Secrétaire général de l’ONU, Dag Hammarskjöld, fit un jour observer que personne ne pourrait jamais changer le monde avant de s’être lancé(e) dans “la plus grande des aventures”: son aventure intérieure. Darwin disait que « les espèces qui survivent ne sont pas les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent aux changements » C’est toute la force qui doit rejaillir de cette aventure intérieure que nos dirigeants doivent emprunter pour changer et changer la société (un poisson pourrit toujours par la tête). « Nous ne pourrons établir les fondations du monde dont nous rêvons que si nous avons d’abord fait ce travail sur nous-mêmes, ce voyage intérieur qui nous fera préférer l’empathie à la peur, qui nous permettra de croire en nous et de nous débarrasser de nos démons ». Avaaz.
Je suis intimement convaincu que le leadership du dirigeant politique est véritable lorsqu’il s’engage « corps et âme » dans une mission à laquelle il croît profondément, qui lui procure de l’énergie et contribue à son épanouissement et à celui de son peuple. Le leadership du dirigeant politique est véritable lorsque l’ambition individuelle de chaque citoyen est au service de la vision collective, lorsque le faire est au service de l’être, lorsque chacun est en pleine conscience au mieux de sa citoyenneté. Jummah Mubarak
Peps GUEYE


