En 1998, les élections législatives s’étaient soldées par la victoire du Parti Socialiste (PS), qui grâce à une courte majorité (50,2 %), avait enlevé 93 sièges sur les 140 de l’Assemblée nationale. Pour la première fois l’Assemblée nationale se trouvait avec 46 députés de l’opposition et trois groupes parlementaires (deux de l’opposition et un du pouvoir). Si nous avons évoqué cet événement dans la vie politique, c’est pour le mettre en parallèle avec le brouillement politique que nous sommes en train de vivre en 2017. Certes, comparaison n’est pas raison, mais il apparaît clairement que nous sommes en train de vivre le même schéma politique.
L’intérêt de ces législatives résultait du fait qu’elles constituaient des élections de mi-mandat car elles permettaient aux Sénégalais d’élire non seulement une nouvelle assemblée, mais aussi de sanctionner le travail du président Macky Sall.
Les législatives se sont tenue dans un embrouillamini inextricable avec la difficulté du retrait des cartes biométriques, l’achat des consciences, la corruption scandaleuse, la violation constante du code électoral… Et malgré l’immense moyen financier déployé, la coalition au pouvoir n’a pas pu atteindre ses objectifs de 60 %, visé par le président de la République.
Aujourd’hui même si la coalition a fait main basse sur la quasi-totalité des départements du Sénégal (42/45), c’est juste une razzia en trompe-l’œil d’une minorité démographique. Même si Bby s’empare du gros morceau des suffrages le score des deux grandes coalitions (MTS, la coalition gagnante de Wade) et du parti pour l’unité et du rassemblement (PUR) qui suivent frisent les 50%. Ce qui veut dire que Benno gagne à l’assemblée, mais perd en suffrage.
En effet, l’arbre du nombre de députés de Bby ne doit pas cacher la défaite électorale du président qui doit remarquer que plus de 50% de la population n’adhèrent pas à son projet politique.
Avec ces résultats qui nous renvoient à la configuration des législatives de 1998, un deuxième tour à la prochaine présidentielle n’est plus une incertitude. Il est même plus que probable. En 1998, le président Diouf avait obtenu 93 députés sur 140 et s’est retrouvé à terre, deux ans après.
Deux décennies après, le président Sall se retrouve entre 110 et 120 députés sur 165. Sera-t-il contaminé par le syndrome Abdou Diouf ? Dans deux ans, les électeurs livreront la réponse. A moins que le chef de l’Etat instrumentalise sa justice pour rendre inéligible Khalifa Sall son adversaire N1 ou « prolonger » la villégiature de Karim Wade au Qatar.
Par Ndèye Rokhaya Thiane



