Deux poids deux mesures ! C’est ce qu’on constate dans le traitement des rapports d’audition des corps de contrôle. Alors qu’un rapport d’audit de l’inspection générale d’Etat vaut au maire de Dakar, Khalifa Sall, sa convocation à la Dic, plusieurs autres personnes épinglées par des rapports ne sont nullement inquiétées. Tout au contraire, certains d’entre eux sont même promus. Le dernier rapport de l’Office nationale de lutte contre la corruption et la concussion (Ofnac) en est une parfaite illustration.
Ce rapport remis à la justice n’a connu aucune évolution. Et d’aucuns se demandent toujours qu’est-il advenu du cas patent du directeur général du Coud. Cheikh Oumar Anne n’a pas été, jusque-là, ni convoqué, ni entendu malgré les manquements graves relevés dans sa gestion, par l’équipe de Nafi Ngom Keita. Ce cas avait d’ailleurs suscité un vaste tolet d’indignation et de réprobation au sein de l’opinion publique, nous rappelle la Rfm. Néanmoins, ce directeur est toujours en son poste nullement menacé. Idem pour le Directeur général du poste Siré Dia. Lui aussi avait vu certains errements dans sa gestion mis à nu.
Ces deux responsables du parti au pouvoir sont des exemples parmi tant d’autres. Coïncidence ou pur hasard de calendrier, le Président de l’Ofnac, Nafi Ngom Keita, a été remplacée deux mois après la publication du premier rapport de cet organe de contrôle. Le motif évoqué par les autorités est que « son mandat est arrivé à terme ». Un argument difficilement convaincant dans le contexte d’alors.
Avant l’Ofnac, d’autres corps de contrôle ont aussi vu leurs différents rapports rangés dans les tiroirs. Certainement que le Président Macky Sall a mis son coude sur ces dossiers comme il l’a avoué, lui-même. Et c’est ça la gouvernance sobre et vertueuse versus Macky Sall. Le fameux slogan « la patrie avant le parti » est ainsi restée un simple slogan creux. Il est même devenu « le parti avant la patrie ». Les prédateurs des deniers publics sont protégés et mieux récompensés pour leur engagement politique. Dans le même temps, des adversaires politiques sont combattu au moyen de l’arme judiciaire. De ce fait, certaines affaires judiciaires ont des relents de règlements de compte politique. Ainsi, va le Sénégal. Les régimes passent, les méthodes et les pratiques demeurent.



