Pour mieux assurer la bonne gouvernance, Montesquieu avait théorisé le principe de la séparation des pouvoirs. Mais depuis son indépendance, le Sénégal à bien assurer ce principe sacro-saint d’une bonne démocratie. L’exécutif ne rate aucune occasion pour s’immiscer dans la fonctionnement des pouvoirs législatifs et judiciaires. Un empiétement qui fragilise plus la fonction judiciaire.
La justice doit être rendu par des magistrats forts disait l’éminent juge, feu Kéba Mbaye lors de sa leçon inaugurale à l’université Cheikh Anta Diop. Mais cette leçon semble mal sue par l’actuel Chef de l’Etat qui a semé la discorde dans les rangs de la justice. En effet, suite à un projet de loi organique qui prévoit dans certaines de ses disposition de rallonger l’âge de la retraite de certains dès leurs de 65 à 68 ans, Macky Sall a semé la discorde dans les rangs de la justice. Car ledit projet de loi est jugé discriminatoire pour les juges. Pis encore d’autres soutiennent tout bas que cette décision est motivée par des considérations politiques. Et les dernières améliorations apportées au texte ne démentent pas ces allégations.
En effet, après les premiers grognements des magistrats, certaines modifications ont été apportées au texte. Ces dernières portent sur l’élargissement du projet de loi organique portant statut des magistrats aux présidents des chambres de la Cour Suprême, aux Procureurs généraux près des cours d’Appel et aux Premiers présidents desdits cours. Mais cela n’a point suffi à taire la colère des magistrats. Ces derniers ne sont toujours pas prêts de laisser passer cette mesure. Dans ce sens, ils ont convoqué une assemblée générale le 26 novembre prochain au Palais de Justice Lat-Dior à 9heures pour déterminer la suite de leur combat.
Cette énième discorde dans les rangs de la justice parait comme une suite logique de la volonté des autorités étatiques d’avoir toujours la main mise dans le fonctionnement de la justice. Même si cette politique à maintes fois était décriée par des spécialistes qui soutiennent que le Chef de l’Etat ne doit plus être le président du conseil supérieur de la magistrature, son dessein politique lui interdit de quitter cette chaise, quid à continuer à fragiliser la justice à travers son pouvoir de nomination des juges.




