Le préfet de Dakar avait autorisé l’organisation ce 23 juillet 2016, à la Medina de Dakar, d’un meeting d’une section du parti socialiste (PS) opposée politiquement à la direction de ce parti et favorable à l’actuel maire de Dakar Khalifa SALL.
Puis à quelques heures avant le meeting, la même autorité a pris un acte d’interdiction de la réunion publique et la police a été chargée de faire respecter l’interdiction.
Ce qu’elle a fait, à grand renfort de brutalités, contre journalistes et organisateurs.
Le fondement de l’interdiction serait le fait que les organisateurs étant membres d’un parti politique, c’est à celui-ci de solliciter l’autorisation de se réunir.
Ce raisonnement est séduisant en apparence, mais à y regarder de près il est spécieux.
En effet, il faut rappeler de manière très nette que les libertés publiques :
liberté de réunion, d’association, d’expression, sont des droits reconnus aux citoyens.
Dés lors, est-il besoin de demander l’autorisation d’une entité juridique ( parti , association… ) pour parler, se réunir, s’organiser, manifester ?
Dans l’affirmative, cela reviendrait à brider la liberté des militants de parti, des membres d’association…etc
d’apprécier ce qui se fait en leur nom et en particulier prendre position par rapport aux activités de leur groupe.
En vérité, l’Etat s’est ingéré dans les affaires intérieures d’une formation politique à savoir le PS,
ce qui n’est pas son rôle , disons-le tout net .
De manière générale, il faut éviter la tentation de l’intolérance politique et du musellement des « mal-pensants » c’est-à-dire de ceux qui s’opposent.
Après l’emprisonnement de Karim Wade, celui de nombreux cadres du PDS, la menace de poursuite contre Idrissa Seck et Khalifa SALL, l’interdiction des marches et maintenant des meetings, le Sénégal risque de rejoindre le cercle peu enviable des régimes autoritaires à l’instar de la Gambie et autres.
J’ai la faiblesse de croire que le Président Macky SALL n’a pas besoin de restreindre les libertés dans son pays pour obtenir un second mandat.
Il a plutôt besoin de créer massivement des emplois.
Bref de continuer à faire rêver…
Maître Amadou KANE
Avocat à la Cour



