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Ces présidents indéboulonnables d’Afrique Centrale

L’Afrique et ses vieux démons font encore parler d’eux au Gabon et en RDC. De violentes manifestations, réprimées dans le sang, ont secoué le Gabon d’Ali Bongo et la République Démocratique du Congo de Joseph Kabila ces derniers jours. Les opposants dénoncent la mainmise sur le pouvoir de ces deux présidents, qui ont succédé à leur père en tant que chef d’Etat.

Au Gabon, les affrontements entre les opposants à Ali Bongo et les forces de l’ordre ont éclaté le 1er septembre, au lendemain de l’annonce des résultats consacrant la réélection du président sortant.  Au moins 7 personnes ont été tuées au cours de ces violences qui ont duré plusieurs jours. De son côté, l’opposition évoque plus de 50 victimes.

Avec 49,80 % des voix pour Ali Bongo et 48,23 % pour le leader de l’opposition Jean Ping, la victoire du président sortant, qui s’est jouée à quelques milliers de voix, est entachée de très forts soupçons de fraudes, notamment dans la région du Haut-Ogooué.

La cour constitutionnelle vient de confirmer la victoire de Ali BONGO  et on ne sait pas encore comment l’opposition va réagir. Un weekend de tous les dangers dans le pays.

Troubles meurtriers à Kinshasa

La République démocratique du Congo est, elle aussi, le théâtre de violences à caractère politique depuis le 19 septembre. Plusieurs jours d’affrontements entre des membres de l’opposition et les forces de l’ordre ont fait au moins 30 victimes à Kinshasa selon le décompte de la police, accusée par les opposants de minimiser les chiffres (plus de 100 morts pour ces derniers) . Trois sièges de partis d’opposition ont également été brûlés. Des heurts ont eu aussi lieu dans d’autres villes de cet immense pays sans qu’on puisse donner de chiffres pour les victimes.

La Constitution interdit à Kabila de briquer un 3e mandat

Les opposants à Joseph Kabila réclament le départ du président à la fin de son second mandat, le 20 décembre, et l’organisation d’une élection présidentielle avant cette date. La Constitution interdit en effet à Joseph Kabila de briguer un troisième mandat. Pourtant, celui-ci ne donne aucun signe de vouloir quitter son poste et repousse la tenue de l’élection présidentielle, conforté par une décision de la Cour constitutionnelle qui lui permet de se maintenir à la tête du pays en cas de report du scrutin…

Des autocrates qui restent en place

L’Afrique centrale est l’une des régions du monde où les autocrates ont le plus de mal à passer la main. Si la dynastie Kabila est là depuis 20 ans au Congo RD et la dynastie Bongo depuis 49 ans au Gabon, le Togo n’est pas loin avec 48 ans pour les Eyadema.

Tout près, José Eduardo Dos Santos est en place depuis 37 ans en Angola, Denis Sassou-Nguesso depuis 31 ans au Congo-Brazzaville, Yoweri Museveni (Ouganda) depuis 30 ans, Robert Mugabe (Zimbabwe) depuis 28 ans, Omer el-Béchir (Soudan) depuis 27 ans, Paul Biya (Cameroun) et Idriss Déby (Tchad) depuis 25 ans …

La Rédaction

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