Depuis hier, jour de sa nomination au poste de Premier ministre de la France, le nom d’ Edouard Philippe occupe les devants de l’actualité. Il est caricaturé comme étant l’homme qu’il faut pour Emmanuel Macron. Mais le nouveau Premier ministre n’est pas pour autant un saint.
En nommant Edouard Philippe au poste de Premier ministre, Emmanuel Macron ne commet-il par son premier erreur politique ? La question mérite d’être posée même si cette nomination permet à certains d’avoir une lueur d’espoir que le duo peut parvenir à redresser la France. En effet, Edouard Philippe traîne des casseroles qui peuvent faire douter de lui.
D’abord, Edouard Philippe a eu des engagements politiques versatiles. En effet, tout au début, alors qu’il était étudiant, Edouard Philippe s’est engagé en politique à gauche. Il milite pendant deux ans pour Michel Rocard, Premier ministre de François Mitterrand. Après l’éviction de son mentor du gouvernement, Edouard Philippe rejoint la droite et participe aux côtés d’Alain Juppé à la création de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) en 2002. Il finit par lâcher celui-ci, car jugeant que le nouveau nom de l’UMP qui est devenu Les Républicains en 2015 est trop «dangereux» et «vecteurs de clivages et de division». En 2014, Edouard Philippe parait plus insaisissable, car il soutient Bruno Le Maire dans sa candidature à la présidence du parti… mais lors des primaires de 2016, il préfère se rallier à Alain Juppé, avant de soutenir finalement François Fillon lorsque celui-ci désigné candidat. Il lâche ensuite Fillon après les accusations d’emplois fictifs portées sur sa femme.
Ensuite, Edouard Philippe était un véritable détracteur de Macron. En janvier déjà, dans une tribune, l’actuel Premier ministre se montrait plutôt sévère dans les discours à l’égard de celui Macron. Il le qualifiait alors de «banquier technocrate». Il l’assimilait aussi à celui « qui n’assume rien, mais promet tout, avec la fougue d’un conquérant juvénile et le cynisme d’un vieux routier»
En fin, Edouard Philippe avait même fait l’objet d’un blâme dans le cadre de la déclaration de son patrimoine en 2014. L’actuel Premier ministre ne semblait alors pas vouloir se soumettre aux règles de transparence. Ainsi, invité à renseigner la valeur de certains éléments de son patrimoine, il n’a voulu répondre, se contant à écrire : «aucune idée».


