Prendre soin de ses dents. Un geste simple qui pourtant négligé peut avoir de graves conséquences sur la santé. Le 20 Mars de chaque année, la journée mondiale de la santé bucco-dentaire est célébrée. Il s’agit non seulement de rappeler aux populations les bienfaits de jouir d’une excellente santé bucco-dentaire, mais surtout de sensibiliser sur les moyens de prévenir les maladies liées aux dents.
Au Sénégal, environ 76 pour cent de la population souffre de maladies bucco-dentaires. Un chiffre assez inquiétant qui amène à s’interroger. Pourquoi les Sénégalais sont-ils si exposés à ces maux buccaux ?
Un rapport patient/dentiste peu reluisant
Il faut reconnaitre que le rapport, en terme de nombre, entre médecins dentistes et patients n’est pas vraiment au bon fixe au Sénégal. On a environ un dentiste pour 30 mille habitants, c’est-à-dire trois fois plus qu’exiger par la norme. Sans oublier que plus de 70 pour cent des dentistes opèrent dans la région de Dakar. D’autres régions sont donc laissées pour compte et cela peut expliquer la multiplication des maladies bucco-dentaires dans certaines zones.
Le manque d’information pourrit les dents
Une étude réalisée par des experts sur la prévention bucco-dentaire au Sénégal a montré que dans la majeure partie des cas, les patients ne consultent un dentiste ou un spécialiste dans le domaine que lorsqu’ils ont une urgence ou lorsqu’ils qu’ils ont besoin de « soins curatifs importants ». On comprend donc que les quelques dentistes qui existent sont en plus peu consultés. Or, une analyse de l’OMS sur la prévention en santé bucco-dentaire « a permis de montrer une tendance à l’amélioration de la santé bucco-dentaire là où elle a été perçue comme hautement prioritaire ». Cela démontre que le peuple sénégalais souffre d’un manque d’information en ce qui concerne les moyens de prévenir les maladies bucco-dentaires.
Un marché alimentaire dominé par les sucreries
D’un autre côté, il faut reconnaître que le marché alimentaire sénégalais est dominé par la présence de nombreux produits fortement chargés en sucre. Selon le Dr El Arona Ndiaye, chef division de la santé bucco-dentaire au ministère de la santé et de l’action sociale, « les sucreries sont nuisibles à la santé bucco-dentaire », pour cela, « les mamans doivent veiller au goûter des enfants et éviter les jus industriels et les bonbons ». Au Sénégal, les affections carieuses viennent en tête des maladies bucco-dentaires retrouvées chez les patients. Et il est inutile de rappeler le rôle déterminant que joue le sucre dans la formation d’une carie dentaire.
Le tabagisme, une cause pas des moindres
L’autre mal qui mine la santé bucco-dentaire au Sénégal et qui opère en douce, c’est le tabagisme. Selon une enquête réalisée en 2015 par l’agence nationale de la statistique et de la démographie, environ 6 % de la population consomme le tabac, soit 0,5 million de personnes, dont 11% d’hommes et 1,2% de femmes. Il a été prouvé que fumer ou mâcher du tabac peut provoquer les cancers de la bouche, de la langue, des lèvres, des gencives et de la gorge. De plus, le tabac attaque les gencives et les rends plus susceptibles à certaines bactéries. Ainsi, un fumeur est trois fois plus susceptible d’avoir des caries qu’un non-fumeur. Et pour couronner le tout, le tabagisme procure une mauvaise haleine au fumeur et atteint ses dents en finissant par leur donner une coloration jaunâtre.
Agir pour sauver
Il faut donc comprendre que pour faire baisser le taux de prévalence des maladies bucco-dentaires au Sénégal, la sensibilisation doit-être de mise. Ainsi, des gestes simples comme le brossage des dents ou encore la visite régulière d’un dentiste pourraient être salutaires. Mais outre cela, des problèmes comme le tabagisme ou les mauvaises habitudes alimentaires ne doivent pas être laissés de côté par les autorités compétentes. Perçue comme secondaire par la plupart, la santé bucco-dentaire peut avoir des répercussions sur le fonctionnement d’organes vitaux comme le cœur.
Diane Rosette AMOUSSOU



