Une demande de pardon. C’est la principale requête formulée le Pape François à l’endroit du président rwandais Paul Kagamé. C’était à l’occasion de la visite de ce dernier au souverain pontife ce lundi 20 mars. Le pape a voulu à travers ses mots montrer toute sa solidarité aux victimes directes et indirectes du génocide des Tutsis au Rwanda. Mais aussi, il était surtout question pour le pape François de la reconnaissance du rôle de l’église dans la perpétration des atrocités à l’endroit du peuple Tutsis en 1994. A l’image du pape Jean-Paul II en 2000, il reconnait une responsabilité de l’église romaine dans ce drame de la fin du XXè siècle.
Pourquoi cette demande de pardon?
100 jours de tuerie, près d’un million de morts dont plus des deux tiers étaient des Tutsis, des familles divisées et meurtries à jamais, l’installation de la désolation et du chaos. Voilà ce que l’on peut retenir du génocide rwandais perpétré d’avril à Juillet 1994. Des rapports et enquêtes menés à la suite de ce drame avaient révélé la responsabilité de l’Eglise dans le génocide. En effet, l’église est accusée surtout d’inactions au cours du déroulement de cette crise. Le clergé n’avait pas su tenir son rôle de guide et de leader d’opinion. En plus de n’avoir pas pu intervenir pour calmer la situation, elle n’avait pas pu aider les Tutsis à s’en sortir. Pire, l’église semblait, par son silence, avoir pris parti pour les « bourreaux » en se refusant de condamner leurs actes.
Depuis son accession au pouvoir en 2000, c’est pour la première fois que le président rwandais rend visite à un souverain pontife.
D.R.A



