AccueilInternationalMutinerie en Côte d'Ivoire : Une armée indisciplinée ?

Mutinerie en Côte d’Ivoire : Une armée indisciplinée ?

La situation en Côte d’Ivoire devient de plus en plus inquiétante. Et pour cause, une armée qui se révolte selon ses humeurs. Aujourd’hui encore, une partie des mutins de janvier dernier ont pris les armes pour manifester leur colère. Kalachnikovs et de roquettes RPG en main, ils ont exprimé leur désaccord avec la délégation censé les représenter. Cette dernière a demandé pardon à la nation et au président Alassane Ouattara et a renoncé à toute rémunération financière, hier jeudi. Tout porte à croire que les mutins ne se sont pas concertés avant de faire cette déclaration devant le président ivoirien.

Une affaire de sous

Ces mutins qui expriment aujourd’hui leur colère l’ont déjà fait quelques mois plus tôt. Entre autres revendications, ils réclamaient le paiement de 12 millions de primes et l’amélioration de leurs conditions de vie. Ils avaient réussi à obtenir 5 millions de FCFA après leur mouvement.

Aujourd’hui, bien que la plupart d’entre eux ait officiellement renoncé au reste de l’argent, une minorité dénonce une trahison. Résultat des courses, certains mutins mécontents prennent les armes pour semer la terreur. Et pourtant, le chef de l’Etat croyait les avoir acquis à sa cause en leur exposant la situation économique peu reluisante du pays.

Une armée indisciplinée

Cette répétition de mutinerie témoigne du manque de discipline de l’armée ivoirienne. « La grande muette » ivoirienne a du mal à garder sa langue dans sa poche. Au moindre désaccord, elle manifeste sa colère et ce sans le respect de la hiérarchie et sans la peur des sanctions. Ce qui est pire, c’est que ces mutins ont un accès très facile aux armes dont ils se munissent au moindre geste. C’est ce qui explique d’ailleurs qu’ils soient descendus dans les rues aujourd’hui avec des kalachnikovs et des roquettes.

Mais l’on peut comprendre aisément cet état de chose dans la mesure où le chef de l’Etat, lui-même a pris le risque de recruter dans l’armer des ex-rebelles. Que cela ait été pour garantir la paix dans le pays ou pour récompenser ces derniers de l’avoir soutenu lors de la dernière crise post-électorale, un acte de cette envergure devrait être bien mûri avant d’être posé.

Alassane Ouatarra regarde aujourd’hui, presque impuissant, une armée qui semble ne recevoir d’ordre de personne et qui, contre toute norme, réalise des actions pires que syndicales. Contraint de part et d’autre de satisfaire des revendications  dont il n’a peut-être plus les moyens, le président ivoirien se réfugie dans ce qui lui reste comme autorité en prônant une « fermeté » contre les mutins.

Il est évident que ces situations de crises ou de semi-crises déteignent énormément sur l’image de la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, il y a une baisse réelle des investissements dans le pays à cause de l’instabilité de la sécurité intérieure. Cela crée, évidemment, un véritable manque à gagner. Alassane Ouatarra a intérêt à contenir et à faire taire au plus vite ces situations indésirables au risque de voir son pays dégringoler sur le plan économique ou sombrer dans une guerre civile.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Must Read

spot_img