Depuis samedi dernier, jour du massacre de 13 coupeurs de bois dans la forêt du Bayotte, les langues se lient et se délient sur les véritables responsables de ce massacre. Ainsi, du côté du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC), on accuse l’Etat à travers les autorités administratives de Ziguinchor. Mais l’Etat, n’a pas aussi tardé à réorienté les regards sur l’aile sud du Mfdc dirigé par César Atoute Badiate.
Le Mfdc se lave à grande eau et accuse…
Dans un communiqué, le MFDC a d’abord déploré le fait que certains acteurs de paix, à l’image de Saliou Sambou du GRPC, de Robert Sagna, « tiennent les combattants pour responsables de ce massacre ». Dans ce même ordre d’ailleurs, le MFDC regrette « le fait que certaines radios accusent subtilement les combattants en utilisant le terme « d’individus supposés appartenir au MFDC » ». Pour le mouvement, « c’est une accusation qui ne dit pas son nom » car, explique sa cellule de communication, « tout individu armé n’appartient pas automatiquement au MFDC ».
Allant plus loin, « le Mfdc, demande aux autorités sénégalaises, d’orienter leurs enquêtes concernant l’origine ou les causes de cette tragédie, vers le gouverneur de la région de Ziguinchor, le chef du service régional des eaux et forêt, le commandant de la légion gendarmerie sud et le procureur de la république en poste à Ziguinchor. Pour la cellule de communication du maquis, ces derniers sont à la tête d’un vaste réseau de coupe clandestine et de vente illicite du bois de tek en provenance de la forêt du Bayotte.
En effet, poursuit le communiqué du Mfdc, les coupeurs de bois opèrent de nuit comme de jour sous la complicité des agents des eaux et forêts et de la gendarmerie. Tous les troncs coupés sont vendus en plein jour et sans aucune inquiétude dans la commune de Ziguinchor.
Les agents du service des eaux et forêts sont au courant de la création de deux scieries à Kenia dans la commune de Ziguinchor.
Ils savent mieux que quiconque que ces deux unités se mènent une forte concurrence qui a fini par instaurer une atmosphère d’animosité entre leurs employés…
Les propriétaires de ces scieries disposent de plusieurs dizaines de charrettes et remettent une moto Jakarta toute neuve à celui qui les livrera 40 troncs de teck, ils remettent de l’argent aux agents des eaux et forêts qui tous les soirs passent récupérer leur paye au niveau de chaque scierie.
En Somme, le manque de fermeté de l’autorité administrative en l’occurrence le gouverneur et la complicité des agents des eaux et forêts et de la gendarmerie ont eu pour conséquence la mort dans des conditions non encore élucidées des jeunes coupeurs clandestins de bois.
Ce réseau est victime de la vive rivalité entre les jeunes coupeurs.
Si le gouverneur, le service des eaux et forets et la gendarmerie avaient correctement joué leur rôle, aucun tronc ne pourrait entrer dans Ziguinchor et aucune planche de teck ne serait vendue dans la commune.
Ces services qui devraient assurer la protection de l’environnement, se sont malheureusement retrouvés au cœur d’un réseau très lucratif de destruction des forêts.
Dans un Etat qui se respecte, de tels manquements devraient être sanctionnés : il faut situer les responsabilités et procéder à de lourdes sanctions : le gouverneur, le chef du service régional des eaux et forêts et le commandement de la gendarmerie et le procureur de la république devraient être relevés de leurs fonctions pour ce grave manquement dans l’exécution de leur mission.
C’est à leur niveau que devrait se dérouler l’enquête. Il faut chercher l’origine du mal plutôt que d’épiloguer sur ses conséquences à travers de fausses accusations contre le MFDC, relève le communiqué qui poursuit :
Le MFDC continue dans sa dynamique d’ouverture au dialogue en faveur d’une issue heureuse au conflit casamançais et ne se laissera pas distraire ni désorienter par les fossoyeurs de la paix et les autorités et chefs de services régionaux qui ne visent rien d’autre que de casser la dynamique de paix afin de pouvoir mieux vivre du conflit.


