Un attentat suicide visant des combattants de groupes armés signataires de l’accord de paix au Mali a fait une quarantaine de morts, ce mercredi, à Gao, la plus grande ville de la région, et porté un rude coup à l’application de cet accord.
Cet attentat, le plus meurtrier de l’histoire récente du mali, rapporte l’Afp, vise les combattants de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg), et de groupes armés pro-gouvernementaux se préparaient pour des patrouilles mixtes prévues par l’accord de paix signé en mai-juin 2015 entre Bamako et ces différents groupes armés.
Selon les informations, le président Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé un deuil national de trois jours à la suite de cet attentat, et son ministre de la Défense, Abdoulaye Idrissa Maïga, devait se rendre mercredi à Gao.
« Le kamikaze est venu dans un véhicule et s’est fait exploser. L’attaque a eu lieu ce matin à 08H40″ (locales et GMT), a précisé cette source, soulignant que les combattants des différents groupes « devaient commencer bientôt une patrouille mixte. L’assaillant est rentré seul dans la ville, avant de s’équiper et d’équiper le véhicule pour commettre l’attentat suicide » a indiqué à l’Afp une source de sécurité malienne.
« Le véhicule qui a servi à l’attaque était aux couleurs du Mécanisme opérationnel de coordination (Moc), chargé d’organiser ces patrouilles », a déclaré le colonel Diarran Koné, de la Direction de l’information et des Relations publiques des armées (Dirpa).
L’attentat n’a pas été revendiqué dans l’immédiat, mais les soupçons se tournaient vers les groupes jihadistes, qui avaient déjà perpétré un attentat à la voiture piégée contre l’aéroport de Gao, à quelques centaines de mètres de là, le 29 novembre 2016.



