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L’oeil du Juriste et Droit de l’Hommiste

LES POLITIQUES, LA RÉPUBLIQUE ET LA SOCIÉTÉ CIVILE :

Au Sénégal, nous avons un pouvoir en place obnubilé par le souci du renouvellement du mandat présidentiel.

Pour y arriver, les réformes les plus anti-démocratiques sont envisagées :

– Modification des conditions d’éligibilité à la fonction présidentielle en exigeant un abandon de la double nationalité 05 ans voire 10 ans avant le scrutin présidentiel !!!

– l’augmentation exorbitante de la caution électorale, à porter à une centaine de millions ;

– l’institution de sanctions contre les perdants qui n’auraient pas franchi la barre des 5 PC du corps électoral !

C’est dire que l’ivresse du pouvoir ou la crainte de le perdre a dépassé toutes les limites imaginables en République et en démocratie.

Face à ce pouvoir prêt à tout pour rempiler y compris à s’asseoir sur les principes républicains, nous avons une opposition en rang dispersé, peinant à construire une dynamique unitaire , tout comme une alternative programmatique .

Une opposition dont chacun des leaders a plutôt tendance à voir midi à sa porte.

Dans le même temps, le pays bruit de rumeurs d’affaires, les unes plus grosses que les autres.

Toutes s’exprimant, en terme de grandeur, en dizaine de milliards de nos francs.

Il est évident que la situation ne peut, ni ne doit laisser aucun citoyen imbu tant soit peu d’amour de la patrie indifférent.

Dans un tel contexte quel doit être le rôle de la société civile ?

RÔLE DE LA SOCIETE CIVILE :

On dit souvent que la société civile est une nébuleuse. De fait, il est difficile de la cerner avec exactitude.
Car, on y trouve toutes sortes d’organisations apolitiques mais également des personnes physiques, à savoir les leaders d’opinion.

Par société civile, on entend toute organisation ou toute personne physique qui joue, au sein de la communauté, un rôle d’alerte et de veille ou qui a une capacité d’influencer son milieu .

La liste des membres de la société civile est par conséquent illimitée.

Il y a quelques semaines, dans un grand Hôtel de Dakar où se tenait une rencontre internationale sur la démocratie, une discussion très animée a surgi entre activistes congolais (RDC) .

L’un reprochait à la Lucha sa jonction avec les organisations politiques du pays, estimant que la posture appropriée aurait été pour elle, d’être à équidistance entre pouvoir et opposition .

Pour un autre activiste, il faut distinguer selon les contextes.

Là où le jeu politique est normal, où aucun péril ne pèse sur la démocratie, la stabilité politique du pays et sur les institutions de la République, la société civile peut et doit être à équidistance des acteurs politiques .

En revanche, lorsque des périls graves menacent la démocratie, la République et ses institutions , le devoir des patriotes est de se mettre tous ensemble au service de la patrie en danger ou qui souffre .

Au Sénégal, chaque fois que la démocratie a été menacée , société civile et société politique ont joint leurs efforts pour faire face ensemble.

Dernier exemple en 2012 ou un peu à l’occasion du Referendum du 20 Mars 2016.

Ce débat sur le positionnement de la société civile a fait jour au sein de la RADDHO, lors du Référendum.
Mais, il doit être posé à l’échelle globale de la société civile .

Jusque-là, la société civile a servi de marche pieds aux hommes politiques pour conquérir le pouvoir et une fois l’objectif atteint, assez souvent l’objet de leur combat a été trahi.

Tel est le cas dans de nombreux pays africains.

L’heure est venue pour la société civile, dans chaque pays du continen , d’organiser ses états généraux pour évaluer son travail d’ensemble et dégager des perspectives .

Reste à savoir qui doit en prendre l’initiative ?

Maître Amadou Aly KANE

Avocat à la Cour

RADHO

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