« Il faut permettre au Sénégal d’avoir un pouvoir judiciaire indépendant. La justice ne doit plus être un outil au service du règlement des affaires personnelles dans la sphère publique. En lieu et place de la reddition des comptes nous avons eu ces dernières années des règlements de compte. Il faut que ça cesse. Et pour se faire on va rendre les magistrats indépendants et dans le sens propre du terme ». C’est de cette manière catégorique que Me Abdoulaye Tine a analysé la situation judiciaire de notre pays. Il s’exprimait e marge du lancement de son nouvel parti politique (Union Sociale, Libérale). A l’en croire, l’indépendance de la justice n’est pas seulement organique, fonctionnelle mais c’est aussi matériel. Cela veut dire qu’elle faut sortir le président de la république et le ministre de la justice de la nomination des magistrats. « Le conseil supérieur de a magistrature doit s’occuper de la nomination de ses pairs mais il doit aussi prendre des mesures quand il s’agit de la sanction des magistrats. Comment dans un pays comme le Sénégal, le procureur met quelqu’un sous mandat de dépôt en toute indépendance alors qu’il reçoit ses instructions du ministre la justice » se désole l’avocat.
Revenant sur cette indépendance de la justice, il note que le ministre de la justice est membre du parti politique et reçoit lui aussi des instructions du président la République. « Peut-on au-delà de toute rigueur intellectuelle croire que la vertu de la démocratie est appliquée dans ce pays. Et de citer l’exemple des Usa ou le président a voulu prendre un décret qui n’est pas conforme à a démocratie et c’est un juge qui dans son cabinet compte tenu de la liberté de la justice l’a retenu »se demande-t-il. Pour lui, Il nous faut un juge des libertés et des détentions qui se chargera d’empêcher les condamnations arbitraires. Des gens qui font de la détention préventives et ensuite relaxés simplement et parce qu’ils sont des opposant et même s’ils sont libres ils ont fait quand même de la prison, ceci voudrait signifier « intimidation ». « L’exécutif prend la justice comme un outil de sanctions déguisées contre les opposants sans que votre culpabilité soit prouvée on vous met dans une case et il faut arrêter ces dérives ». Selon Me Tine les priorités sont ailleurs et les choses ne doivent pas se limiter à poursuivre des gens et s’il y a un délit qui est inacceptable dans ce pays c’est le délit d’offense au chef de l’Etat. « Le président avait pris l’engagement de démissionner et aujourd’hui qu’il garde son statut de chef de parti ce délit n’a plus son sens. On ne sait plus quand s’adresser au chef de l’Etat ou au chef de parti » dit-il. Avant de conclure, l’ennemie commune doit être à pauvreté.



