Le Sénégal de l’informel, c’est le Sénégal des boujoumans, des coxeurs, des taxis clandos, des chauffards de la mort, de la saleté, de l’occupation anarchique des espaces publics, des tumultes et du désordre sans contrôle dans les secteurs secondaire et tertiaire de nos villes, des accidents de toutes sortes, des viols, des vols, de la tricherie, du mensonge, de la trahison, de l’oisiveté, de la méchanceté gratuite, de la jalousie maladive, des féticheurs de la mort, de l’hypocrisie, de l’égoïsme, de la démagogie, de la corruption, de la concussion, des prises illégales d’intérêt et des trafics d’influence… C’est le Sénégal qui valorise la LMD (Lutte Musique Danse) à la place du système LMD (Licence-Master-Doctorat) et pourtant les deux peuvent coexister. C’est le Sénégal des constructions et de l’urbanisation anarchiques où il est fréquent de voir des immeubles s’effondrer, des scandales d’enrichissement illicite, de spoliation foncière, de trafic de drogue, de blanchiment d’argent, de violences ou de tueries commanditées, des combines, des manigances et des deals, des dénigrements, des calomnies. C’est le Sénégal des morts subites, des jeunes talents qui disparaissent mystérieusement, des réussites qui dérangent. C’est le Sénégal des scandales sexuels et de la dépravation des mœurs du « mosse mouthe » « des takous soufs », de la polygamie débridée, de la bigamie camouflée, des promotions canapés (ndaw deuk bou beurri sobé), des activistes, violeurs, des ex trafiquants de drogue et trafiquants notoires de visas qui prétendent nous conseiller sur l’économie, la communication, la société et l’environnement et veulent être des références pour notre jeunesse (que Dieu préserve cette dernière) . C’est le Sénégal des hôpitaux mouroirs, des écoles sous abris provisoires, des régions et des banlieues délaissées et inondées, des mendiants et enfants de la rue. C’est le Sénégal de la main tendue (woyane) et de la dépendance extérieure. C’est le Sénégal des spéculateurs, des usuriers et des entreprises nationales moribondes où on compte les capitaines d’industries sur les doigts d’une seule main. C’est le Sénégal de 13 millions d’habitants dont la moitié cherche à être fonctionnaires, ministres, conseillers ou députés et intègre plus de 200 parties politiques pour jouer la comédie de la république dans des coalitions par contraintes mues que par des intérêts personnels. Ce Sénégal n’est pas le Sénégal qu’auraient souhaité les premiers dignitaires religieux de ce pays. Ce Sénégal n’est pas le Sénégal que mérite son vaillant peuple. Nous avons eu le malheur d’être gouverné par un Président qui s’était auto-proclamé Président de l’informel et a plongé le pays dans un désordre indescriptible. Son successeur et disciple n’a fait qu’amplifier le phénomène. Après plus de 10 ans passés dans l’appareil d’Etat, un acteur politique responsable doit pouvoir connaître les maux dont souffre notre société et avoir le courage de la réformer en profondeur. En ayant peur du changement le dirigeant adepte de la politique politicienne installe le pays dans une routine mortelle. Je suis préoccupé par le désarroi actuel de mon peuple devant tant d’immobilisme et de cupidité d’un pouvoir qui n’ose pas prendre les décisions idoines pour sortir le pays de la léthargie et le mettre en mouvement. L’informel (Tout ce qui n’est pas organisé avec rigueur et tout ce qui ne suit pas des règles précises) crée un déficit de sentiment national, détruit les liens sociaux et altère la cohésion sociale. Dans un pays, une entreprise ou chez un individu, quand l’informel dépasse le formel, la situation devient catastrophique. La dégradation de l’instruction et des ressources humaines en est une conséquence manifeste. Quand on cherche à diviser pour régner, on installe l’obscurantisme dans le pays et on relègue l’éducation et la formation au rang de parent pauvre. Les dirigeants despotes et prédateurs veulent avoir affaire à un peuple sous éduqué et soumis car l’éducation a le don de donner au citoyen sa liberté (d’expression, de conscience et d’action…). Un ndeup (exorcisme) collectif est d’une urgence absolue pour extirper les maux qui gangrènent notre société. Il existe un critère pour établir si la restriction à la liberté constitue une chose bonne ou mauvaise, c’est l’objectif à atteindre. La limitation de la liberté devient légitime lorsqu’elle a pour but précisément de préserver les fondements même de la liberté, d’assurer la survie et le progrès de la collectivité. Mais si sous prétexte de réclamer plus de liberté on se propose de détruire les structures qui préservent la liberté et si les dirigeants se laissent entrainer sur la voie des concessions, le pays risque de sombrer dans l’anarchie. « Aux hommes politiques qui se trompent, l’histoire ne pardonne pas. Le responsable qui dirige la lutte d’un peuple ou la politique d’un Etat doit, coûte que coûte, réussir. Rien, ni aucun argument ne pourraient justifier son échec. Quand on est responsable des destinées d’une nation, on n’a pas le droit de se tromper » Habib Bourguiba
Notre Etat, c’est l’Etat du Peuple sénégalais tout entier et non celui d’un Président ou d’une famille quelconque. Notre peuple a un énorme potentiel qui ne demande qu’à être optimisé et valorisé. Pensées pieuses à tous les disparus victimes des ravages de l’informel au Sénégal. Continuons le combat citoyen pour faire de notre pays une nation civilisée capable de créer de la valeur pour ses citoyens. Continuons le combat citoyen pour faire émerger une nouvelle citoyenneté dans une nouvelle République plus unie, plus juste, plus solidaire et en progrès. Excellent weekend


