Le 5 juin, L’Arabie Saoudite annonce la rupture de ses liens diplomatiques avec le Qatar, elle l’accuse de soutenir « le terrorisme ». Par la suite, ses alliés du Golfe, l’Égypte, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont pris les mêmes mesures.
En l’espace de quelques heures, la micro-monarchie gazière s’est retrouvée placée sous un quasi-embargo. Plus moyen de faire rentrer la marchandise dans l’émirat par voie terrestre, sa seule frontière terrestre ayant été verrouillée par l’Arabie Saoudite.
Le Qatar, qui se vante de jouer un rôle important et d’avoir été sélectionné pour organiser le Mondial-2022 de football, a aussi été évincé de la coalition militaire arabe qui combat des rebelles pro-iraniens. Cette dernière mesure a été saluée par le gouvernement du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi qui a aussi rompu avec Doha. Il l’accuse de soutenir malgré sa participation à la coalition arabe, les rebelles Houthis.
L’Égypte quant à elle, évoque « l’échec des nombreuses tentatives pour dissuader le Qatar de soutenir les organisations terroristes ». L’Égypte accuse le Qatar d’ingérence dans ses affaires internes, mais aussi d’abriter des dirigeants des Frères musulmans qui font l’objet de condamnations judiciaires pour des opérations terroriste.
En réponse, le Qatar a accusé ses voisins du Golfe de chercher à le mettre sous tutelle et dénoncé comme sans raison valable. Exprimant « son grand regret et sa surprise ».
Dans ce climat délétère, l’Émir du Qatar n’a toujours pas pris la parole depuis le début de la crise. Il n’a fait aucune déclaration, motus et bouche cousue ! Ni communiqué, ni déclaration publique, ni interview, alors que son pays est dans l’œil du cyclone. Mis sur le banc des accusés, le Cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, jeune souverain de 37 ans, fait profil bas. Il laisse parler pour lui les Qataris, qui, par milliers, le supporte.
Mais l’effacement de Tamim, arrivé au pouvoir après l’abdication de son père, répond aussi à des considérations de tactiques : ne pas donner de prise à ses adversaires, les enfermer dans le rôle de l’agresseur et gagner du temps, dans l’espoir de rassembler suffisamment de soutien international pour sortir de la crise par le haut.
Aragone.K


