S’il y a une fonction où les erreurs de décision ou fautes de gestion sont les plus difficiles à réparer, c’est bien celle (stratégique) de manager ou de dirigeant. Bourguiba disait que « quand on préside aux destinées d’une nation, on ne doit pas se tromper ». Demander les suffrages d’un peuple pour présider à sa destinée suppose un sens élevé des responsabilités. Cette présidence ne tolère pas les deux poids deux mesures. Les démons de la division ont conduit à des choix politiques qui ont largement contribué à notre appauvrissement. Les démons de la politique politicienne ont détourné nos dirigeants des réformes en profondeur indispensables à notre développement. Les démons de l’argent facile ont fait le nid des nombreuses pratiques informelles qui gangrènent notre société (corruption, concussion, prise illégale d’intérêt et autre trafic d’influence). Les démons du népotisme et du clientélisme ont favorisé les connexions familiales et partisanes. Nos dirigeants et managers sont incapables de dire non au spectre des familles biologique et politique. Les conséquences sont malheureusement déplorables pour les concernés. Les démons de l’intégrisme religieux guettent nos pays où la religion est devenue l’opium du peuple. La cohésion sociale est menacée et mise à mal par les dérives ethniques, claniques et sectaires. Les démons de la violence sont transportés jusque dans l’hémicycle de la représentation nationale pour illustrer l’état de déliquescence du corps social. Les dirigeants politiques préfèrent surfer sur ces incohérences comme pour diviser et mieux régner. Les démons du vouloir tout contrôler, tout vérifier, tout imposer créent chez nos dirigeants et manager un syndrome de l’excès de pouvoir nuisible au bon fonctionnement des équipes. Cette aversion à la délégation des pouvoirs s’explique par trois facteurs psychologiques. 1/ L’aversion aux pertes plus forte que le risque de réaliser un gain. 2/ L’illusion que le contrôle sur un évènement nous rend maîtres de nos vies. Or si on peut contrôler ses actes, on ne peut pas en contrôler les conséquences. 3/ Le mythe tenace selon lequel, l’information c’est le pouvoir : Ineptie à l’heure des réseaux sociaux. La démobilisation des équipes entraine une inertie, de la soumission et du désengagement. Les résultats seront toujours en deçà des espérances. Lorsque ces dirigeants et managers sont réfractaires à la remise en cause, n’écoutent aucune critique et veulent toujours entendre les louanges des laudateurs, ils fonctionnent en aveugle et s’enfoncent dans l’erreur. C’est la myopie politique comme la myopie marketing qui est à l’origine de l’échec de beaucoup d’entreprises. Ces dirigeants restent enfermés dans leur tour d’ivoire car personne ne leur donne de feedback. Leur incapacité à déployer une intelligence émotionnelle apte à booster la performance collective bloque toute capacité d’innovation dans le pays (ou dans l’organisation) et produit du stress négatif néfaste pour l’atteinte des objectifs. Les démons du sexe, à travers les promotions canapé et autres chantages, sont régulièrement observés dans le système de fonctionnement des dirigeants et managers. Certains préfèrent aller passer des vacances avec leurs maîtresses et laisser leurs employés trois mois sans salaires. D’autres bafouent sans vergogne les règles du droit du travail. Bien sûr que le besoin en leadership est manifeste dans ces conditions. Un leadership qui doit être incarné par quelqu’un de crédible et courageux, doté d’une certaine dose d’intelligence émotionnelle pour faire travailler ensemble des acteurs de sensibilité différente. « Etre visionnaire n’est pas à la portée de tous. Cela révèle une âme, un être qui n’est pas limité à ses sens ; une personne qui se soucie de l’avenir des autres sinon du sien. » – Elizabeth Gaskell. Menons un combat citoyen pour placer à la tête de nos pays et de nos organisations des patriotes visionnaires qui sauront prendre des décisions courageuses et salutaires pour changer la société et transformer la vie des populations. Menons ce combat pour construire une nouvelle citoyenneté dans une nouvelle république plus juste, plus unie, plus solidaire et en progrès. Excellente semaine


