L’émotion était au rendez-vous, hier au Tribunal de Dakar. Après la plaidoirie des avocats, les accusés ont à tour de rôle défilé à la barre. Ces derniers ont encore une fois fait des révélations sur leur condition de détention provoquant une vive émotion dans la salle. Le verdict sera rendu le 19 juillet prochain.
Hier, la Chambre criminelle spéciale du Tribunal de Dakar a connu des remous jamais notés depuis le début de ce procès marathon portant sur le terrorisme. Nos confrères de SoureA nous informent qu’à la fin des plaidoiries des Avocats de la défense, la parole a été redonnée aux accusés, une dernière fois, avant le délibéré final. Durant leur passage au parloir, ceux-ci ont, un à un, fait des révélations sur les expériences vécues, depuis leur arrestation. A l’unanimité, tous les accusés ont rangé leur épreuve sur le compte de Dieu. Ils ont tous émis le souhait que la décision finale soit juste et que la vérité soit établie sur cette affaire.(…).Mais les choses sont devenues incontrôlables quand Imam Ndao a commencé à partager ses mésaventures depuis son arrestation en 2015. «Nous vivons tous les genres de torture. On m’a mis des rayons téléguidés qui me chauffent partout dans le corps. Même, ici, dans le box, je sens cet appareil », s’est-il plaint. Selon lui, il a fait l’objet d’injures, à longueur de journée, depuis son séjour au Centre pénitencier de Saint-Louis. Ses proches ne pouvant plus supporter les supplices qu’il a subis, sont tombés dans une hystérie indescriptible, obligeant le Juge Samba Kane à suspendre la séance. Même Matar Diokhané a indiqué que si quelque chose lui arrive en prison, c’est parce qu’il a été martyrisé.
C’est dire que ces sénégalais mis en cause dans le cadre d’activités terroristes continuent de subir des tortures en prison. Ce qui, du reste, est déplorable car même coupables, ils ont des droits à faire valoir. Et les organisations des droits de l’homme doivent enquêter sur ces cas de tortures.


