En marge du Lancement du programme de gouvernance d’entreprise, hier, le directeur de l’appui au secteur privé au Ministère de l’Economie des Finances et du Plan (Mefp ) Mamadou Makhtar Diagne a invité le secteur privé à appliquer le code de gouvernance des entreprises.
L’action du gouvernement consiste à faire du secteur privé, en général, et de celui national, en particulier, le vecteur de croissance, et cela, dans un cadre institutionnel bien défini et dans un environnement amélioré établi en amont par l’Etat. C’est du moins ce qu’a affirmé le directeur de l’appui au secteur privé au Ministère de l’Economie des Finances et du Plan (Mefp), Mamadou Makhtar Diagne, au cours du lancement du programme de gouvernance d’entreprise. « Au Sénégal, le taux d’investissement moyen enregistré sur la période de 1981 2014 s’élève à près de 20%. De la même manière qu’il est établi qu’un investissement public de qualité contribue à attirer les investissements privés, l’on note que lorsque l’investissement privé augmente de 1%, le PIB s’accroit de 0 ,26% tandis qu’un accroissement de 1% de l’investissement public entraine une hausse de 0,16% du PIB. Quant à l’investissement privé, il augmente de 0 ,65% lorsque l’investissement public connait une hausse de 1% », a indiqué M. Diagne. Qui, poursuivant son propos, n’a pas manqué de souligner que « la problématique de la gouvernance d’entreprise connait un regain d’intérêt de la part de toutes les catégories d’acteurs comme en témoignent l’institution de bases de données en la matière, la profusion des développements théoriques et travaux empiriques sur la question et l’établissement de méthodologies multicritères pour classer les entreprises selon leur système de gouvernance. » A l’en croire , une bonne gouvernance consiste pour l’essentiel, à la conjugaison d’organes transparents et responsables, de solides qualifications et compétences des administrateurs et dirigeants, et d’une volonté fondamentale de faire toujours ce qui est juste pour l’intérêt social. « Pour le secteur privé, le code de gouvernance n’a pas un caractère contraignant laissant ainsi un choix aux entreprises d’apprécier l’opportunité de s’y conformer ou non. C’est pourquoi, il me semble judicieux de réfléchir ensemble sur les modalités pratiques pour garantir son application effective et la plus inclusive possible par l’ensemble des entreprises », a expliqué M. Diagne. Pour lui, l’obligation d’appliquer ce code aura comme impact d’améliorer la performance de l’entreprise, d’apporter la confiance et le respect mutuel entre les différents acteurs de l’entreprise. Il garantira également l’accès au marché financier avec un taux d’intérêt réduit. «Globalement, l’entreprise est mieux ainsi pour atteindre ses objectifs stratégiques de développement et de rentabilité », soutient-il. Non sans dire qu’il est important de mettre en place un mécanisme efficace pour bannir les mauvaises pratiques constatées dans certaines entreprises et encourager les bonnes pratiques pour consolider la situation globale des sociétés. Abondant dans le même sens que son homologue, le secrétaire permanent de l’institut sénégalais des administrateurs (Isa) est d’avis que le code de gouvernance est quelque chose de très bénéfique. « C’est le recueil de bonne pratique en matière de gouvernance d’entreprise. Celui qui les applique, applique les bonnes pratiques. Celui qui refuse de les appliquer, refuse d’appliquer les bonnes pratiques », dit-il. Non sans arguer que quelle que soit l’importance de l’investissement public, si les entreprises privées ne prennent pas le relais pour assurer le développement et la création de richesse au niveau de l’économie du pays, le développement ne peut être assuré. « On peut améliorer pour mieux articuler le plan Sénégal émergent avec le secteur privé sénégalais pour lui permettre de prendre des parts encore plus importantes dans les projets de développement qui sont envisagés par l’Etat du Sénégal. C’est à travers les entreprises privés que la croissance et le développement se font », conclut-il.
Ndèye Khady Ndiaye



