La scène politique sénégalaise est aujourd’hui de plus en plus marquée par des tensions. Le parti au pouvoir est de part et d’autre accusé par l’opposition de persécutions en se servant de la justice. Par simple constat des faits, tout porte à croire que le pouvoir de Macky Sall, persécute les leaders d’opposition tout en instrumentalisant la justice.
Depuis sa prise du pouvoir, le président Macky Sall a fait de sa priorité la lutte contre la fraude et la corruption, à travers l’Ofnac et la CREI. La première est chargés des faire un contrôle pour la bonne gestion des deniers publics, le seconde pour ceux sont présumé être enrichi illicitement.
Mais, les stratégies adopté par le régime de Macky Sall pour préserver les ressources financières du pays sont en train de prendre d’autres proportions très inquiétantes, qui commencent à lui porter préjudice ainsi qu’à la nation sénégalaise. Car si l’on en croit aux simples faits et aux complaintes des opposants, tout porte à croire que la justice est l’arme secrète du Président Macky Sall contre les opposants. Est-ce de l’acharnement contre eux ? Ou une stratégie politique pour neutraliser des adversaires politiques ? ou même une réelle volonté d’une bonne gouvernance? Nous donnons notre langue au chat. Mais une chose est sûre la justice n’a plus une bonne mine aux yeux de certains citoyens.
D’après une observation des faits quotidiens, l’opposition sénégalaise n’a plus le temps de s’opposer, car tous les boutons judiciaires sont actionnés contre elle. Toutes personnes ayant des prétentions allant dans le sens de déranger le régime de Macky Sall est immédiatement mis hors d’état de nuire. Une pratique comparable à ce que Senghor avait fait à Mamadou Dia lorsqu’il a commencé à contester ses ordres, en l’envoyant croupir à la prison de Kédougou.
Beaucoup de faits portent à confirmer ses allégations proférées par l’opposition contre le président Sall. D’abord depuis sa victoire en 2012 face à Abdoulaye Wade, Macky Sall s’est directement attaqué aux membres dévoués du gouvernement de son prédécesseur. Notamment son fils, Karim Wade qui avait été poursuivi pour enrichissement illicite. Il a écopé d’une peine d’emprisonnement de 6 ans avant de bénéficier d’une grâce présidentielle, en 2016, après avoir purgé plus de la moitié de sa peine dans la prison de Rebeuss.
En plus de Karim Wade, d’autres politiciens ont vécu et continu de vivre le courroux du président Sall. Notamment, l’ancien inspecteur des Impôts et Domaine, Ousmane Sonko qui a été relever de ses fonctions pour avoir dénoncé les députés de n’avoir pas payé leurs impôts pendant une longue durée. Ensuite, nous avons entre autres, le cas Barthélémy Dias, Bamba Fall et Cie, et celui actuel de Khalifa Sall.
L’opposition n’est pas la seule à avoir déploré la justice sénégalaise, qui ne cesse de montrer chaque jour ses manquements. Nous avons, le magistrat Hamidou Ibrahima Dème, qui a fait étalage de sa furie dans une lettre de démission rendue au président de la République il y a de cela quelques semaines. Dans cette lettre, le magistrat souligne certains dysfonctionnements de la justice sénégalaise, car n’étant pas indépendante de l’Exécutif. Cet avis est d’autant plus partagé par l’opposition sénégalaise qui la considère comme étant ‘’ l’arme fatale ’’ de Macky contre ses adversaires politiques.
Une démocratie se construit et se fortifie quand les droits et les libertés d’expression sont garanties. Donc pour que le Sénégal maintienne sa notoriété de model démocratique, il faudrait que l’Exécutif respecte l’indépendance des autres pouvoirs à savoir le Législatif et le Judiciaire.
Par Mamadou Diaby
Stagiaire



