Au Sénégal, le constat sur la situation des enfants de la rue reste alarmant. Les enfants qui mendient errent toujours, malgré les mesures et les lois prises par les autorités.
Les enfants continuent à arpenter les artères de Dakar la capitale, tendant la main. Ces petits bouts de bois de Dieu, âgés le plus souvent de cinq à 10 ans, sillonnent les rues de la capitale pour mendier. Ainsi, malgré la loi interdisant la mendicité des enfants au Sénégal, le phénomène persiste toujours. Et pour cause, il n’y a pas eu de suivi des autorités chargées de veiller à l’application de la mesure. Mieux encore, ces dernières n’osent pas prendre le taureau par les cornes.
En effet, depuis 1975, une loi interdisant la mendicité sur les lieux publics et les grandes artères de Dakar a été votée. Il s’agit de la loi 75-77 du 09 juillet 1975. En 2005, cette loi désuète a été remise au goût du jour par le régime de Me Abdoulaye Wade. Mais, malgré tout, le phénomène persistait comme si les autorités étaient incapables d’appliquer les mesures qu’elles édictaient.
Déterminé à arriver au bout de ce fléau qui gangrène la société, suite à une pression des bailleurs de fond et au drame que cela occasionne, le régime de Me Abdoulaye Wade décide alors de privilégier la méthode répressive en 2010. Ainsi, le 25 Août 2010, lors d’un conseil interministériel tenu au Méridien Président, l’Etat proclame l’arrestation de tout seriñ-daara qui fait mendier son talibé. Trois mois après, Me Wade, conscient de l’impopularité de cette mesure, demande sa levée, le jeudi 7 octobre 2010.
Trois ans après, à la suite de l’accession du Président Macky Sall au pouvoir, cette mesure est remise au goût du jour par le premier ministre d’alors, Abdoul Mbaye, le 6 mars 2013 à la suite de l’incendie de la Médina emportant 9 talibés. Le jeudi 14 mars 2013, plus précisément une semaine plus tard, le président Macky Sall qui n’a pu aller jusqu’au bout de leur logique, suite aux pressions d’autorités religieuses, révoque la décision de son premier ministre au cours d’une audience accordée à la Fédération des associations d’écoles coraniques du Sénégal. Mais l’Etat ne s’en limite pas là.
En juin 2016, les autorités sénégalaises lancent à nouveau le programme de retrait des enfants de la rue. 10 mois après, plus précisément en mai 2017, seuls 1 620 talibés ont été retirés, d’après les chiffres de la direction des droits, de la protection de l’enfant et des groupes vulnérables du ministère de la Femme. Pour justifier ce faible taux de retrait, le directeur adjoint de la direction des droits, de la protection de l’enfant évoquait alors des contraintes. « Au début, il y avait une mobilisation sociale mais ce n’est plus le cas. On sent un certain essoufflement », regretait-t-il. Et depuis, l’essoufflement semble avoir eu raison de la détermination des acteurs, le Chef de l’Etat, Macky Sall en tête. Et les enfants errent toujours dans les rues, côtoyant chaque jour les risques et la misère


