AccueilInternationalImmigration clandestine en Afrique: Les gouvernants font-ils semblant d'aider?

Immigration clandestine en Afrique: Les gouvernants font-ils semblant d’aider?

L’immigration clandestine continue de battre son plein surtout au large des côtes libyennes et italiennes. A un rythme infernal, des milliers de migrants débarquent sans cesse à bord de bateaux de fortune, quitte à y laisser la vie. Les autorités disent faire de leur possible pour que ce phénomène prenne du recul, mais leurs efforts demeurent vains.

Selon un bilan du Ministère italien de l’intérieur,  50.041 migrants sont arrivés sur les côtes italiennes depuis le début de l’année, soit une hausse de plus de 45% par rapport à la même période l’an passé. Ceci prouve que les politiques développées dans le domaine de l’immigration depuis l’année dernière, n’ont pas eu d’impacts effectifs.

Mais à y voir de près, on a bien l’impression que les Etats font semblant de vouloir aider ces migrants qui chaque jour prennent le large pour des destinations incertaines. Et pour cause, les Etats optent pour des politiques palliatives destinées à gérer les conséquences du mal sans pourtant y mettre fin, ni toucher les origines du problème. C’est le cas, par exemple,  de l’accord qui a été signé ce weekend entre l’Italie, la Libye, le Tchad et le Niger et qui a pour but de limiter l’arrivée des migrants sur les côtes italiennes à travers la mise en place de centres d’accueil des migrants dans ces quatre pays. Au lieu de penser à les accueillir, les gouvernants devraient plutôt penser à quoi faire pour que les migrants ne quittent plus leurs pays d’origine.

Depuis le début de l’année, 1.244 migrants sont morts ou disparus en mer, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Parmi eux figuraient des femmes et des enfants. La majorité des migrants n’arrivent souvent pas, non plus, à joindre l’autre côté et à vivre leurs rêves. Et pourtant, cela ne semble dissuader en rien les migrants qui par milliers abondent à la rechercher d’un eldorado. C’est peut-être assez étonnant, mais simple au fond. Ces migrants préfèrent souvent risquer une aventure mortelle que de rester dans leurs pays, en guerre, en chômage aigu, en famine, en persécution et autres maux insupportables, pour eux pires que la mort.

C’est en sens qu’une écrivaine sénégalaise soutenait que les grandes puissances ont tort de penser que le fait de laisser les migrants mourir en masse en mer, pourrait constituer une mesure de dissuasion pour ceux qui envisagent un jour prendre le large. Cela justifierait d’ailleurs, selon elle, l’inaction camouflée de ces grandes puissances dans le domaine de l’immigration clandestine.

Il est évident que ce fléau, qui vide peu à peu l’Afrique, n’a rien de valorisant pour les pays concernés. Au lieu de se contenter de condamner simplement la chose, les gouvernants devraient mettre sur pieds de véritables politiques de dissuasion en matière d’immigration clandestine, non pas en réprimant seulement comme c’est le cas en Libye, mais en touchant les véritables causes du phénomène. Il est évident que ceci passe par la création des conditions adéquates dans les Etats afin de ne donner aux populations aucune raison valable de déserter leurs pays.

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