AccueilFootballHenri Camara : « on a l’impression que les lions doutent »

Henri Camara : « on a l’impression que les lions doutent »

Meilleur buteur des Lions avec 30 réalisations en 98 sélections, Henri Camara vit sa dernière année en pro cette saison avec son club grec d’Apollon Smyrnis. À quelques mois de sa retraite, le Magnifique seven nous trace son parcours de footballeur, ponctué d’anecdotes. Il appelle également les Lions à avoir plus confiance en eux

Henri, parlez-nous de vos débuts en tant que footballeur…

Comme tous les jeunes Africains, c’est dans la rue que j’ai commencé ma carrière de footballeur. Par la suite, je me suis engagé dans l’équipe benjamine de l’AS Police. Au départ, je ne faisais qu’accompagner mes amis d’enfance. Ce sont eux qui jouaient. Un jour, j’ai amené paître nos moutons à l’école police. Mes amis avaient un match de football. Mais, ce jour-là l’un d’entre eux n’est pas venu et ils ont dit à leur coach que je jouais au football. Ce dernier m’a mis dans l’équipe. Après, il m’a demandé de venir tous les jours m’entraîner avec l’équipe. Par la suite, j’ai intégré le jaraaf où j’ai fait toutes les catégories. J’ai aussi joué les navétanes à l’ASC Karack.

Comment avez-vous quitté le Jaraaf de dakar pour l’europe ?

C’est en 1999 que j’ai quitté jaraaf pour aller en europe. Il y avait beaucoup de clubs tels que metz, monaco, Bordeaux qui me voulaient. Mais, les dirigeants du jaraaf étaient en contact avec Claude Leroy. Après tout, ce qu’il a fait au Sénégal, les gens ont jugé nécessaire de travailler avec lui. C’était plus facile et plus crédible. Finalement, j’ai signé à Strasbourg. Ce jour-là, je me rappelle, les dirigeants d’Auxerre et de Bordeaux avaient rappelé.

Comment se sont passés vos premiers pas de footballeur professionnel ?

Je ne suis pas arrivé en hiver en France. Donc, mes débuts ont été plutôt tranquilles. J’ai aussi eu la chance de côtoyer Pape Malick Diop qui était un tuteur pour moi. Il a guidé mes premiers pas de footballeur. Je ne connaissais rien de la vie professionnelle, heureusement qu’il était là. On avait aussi deux Camerounais. C’est à cause des problèmes de papiers que je n’ai pas joué à Strasbourg. Ils m’ont envoyé dans la foulée en prêt en Suisse, plus précisément à Neuchâtel Xamax.

Confirmez-vous être à l’origine de la venue de Pape Bouba Diop en Suisse ?

Effectivement, j’ai contribué à la venue de Pape Bouba Diop à Neuchâtel Xamax. Un jour, je montrais mon album photos à mon entraîneur. En discutant, on a évoqué le problème de l’équipe qui manquait de milieu de terrain et d’attaquant. Puisque moi j’avais mon meilleur pote au jaraaf, je vivais dans la solitude en Suisse. J’ai pensé à Pape Bouba Diop. J’ai rassuré le coach et quand il a vu la photo de Pape Bouba, il a compris que c’était un vrai monstre. C’est ainsi qu’il est venu en Suisse et j’étais allé le chercher avec le coach dans une autre ville pour qu’il vienne vivre avec moi.

Quels sont les clubs qui vous ont le plus marqué dans votre carrière ?

Vous savez, j’ai bourlingué un peu partout mais trois clubs m’ont marqué. Il s’agit de Wigan en Angleterre, de Sedan en France et de Panetolikos, mon ancien club grec où j’ai passé trois saisons. Pendant tout le temps que j’ai passé là-bas, j’ai toujours été meilleur buteur du club et meilleur joueur. À chaque fois que je sors, c’est comme si j’étais au Sénégal. Les gens sont sympas avec moi et, vraiment, j’y étais très bien.

Avez-vous connu des moments difficiles en Grèce ?

J’ai quand même connu des moments difficiles en Grèce. Je suis resté plus de trois mois sans salaire à AeL Kallonis. D’ailleurs, c’est pourquoi j’ai résilié mon contrat là-bas. C’est le seul club qui m’a négativement marqué dans ma carrière. C’était dégoûtant. J’ose même dire qu’un club de navétanes est mieux structuré que Kallonis. J’ai vraiment regretté mon passage dans ce club.

Et si on parlait de l’équipe nationale ?

C’est mon premier match avec l’équipe nationale qui m’a le plus marqué. C’était en 1998 contre le Nigeria. J’étais au jaraaf. Mais, je vous assure qu’avant le match, j’ai beaucoup pleuré. Les anciens qui étaient là ont dit : «Il faut le laisser pleurer, c’est un jeune». Ce jour, je me rappelle que je n’ai joué que les cinq dernières minutes de la rencontre. Depuis ce jour, j’ai senti qu’entre l’équipe nationale et moi, une histoire d’amour venait de naître. Et cela s’est matérialisé par toute la période que j’y ai vécue et le nombre de buts marqués.

Qui a été votre meilleur coéquipier en équipe nationale ?

Il n’est jamais facile de parler de ses coéquipiers parce qu’en équipe nationale, ce sont les meilleurs qui s’y côtoient. Mais franchement, je peux vous dire qu’el Hadji Diouf m’a plus marqué ainsi que Khalilou Fadiga et moussa Ndiaye. D’ailleurs à chaque fois que je jouais avec moussa, je marquais. Pour Diouf, c’est le meilleur coéquipier de tout le monde. À chaque fois qu’il a le ballon, je sais à peu près ce qu’il en fera même si les gens ont en un moment évoqué des malentendus qui n’ont jamais existé d’ailleurs.

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