Les responsabilités se seraient situées d’elles-mêmes. Selon certains spécialistes rencontrés par l’observateur, Khalifa Sall ne peut nullement se dédouaner de cette présumée faute de gestion.
On a beau déblatérer sur la question, convoquer des querelles de chapelles politiques, une tentative de meurtre politique, du pouvoir contre le coriace adversaire dont la cote ne cesse de monter. Mais l’affaire de la gestion de la caisse d’avance de la mairie de Dakar, ou simplement de l’affaire de Khalifa Sall, révélerait d’une faute de gestion, alimentée par une inégalité historique.
De l’avis de nombreux spécialistes des questions de décentralisation et des finances publiques, à l’état des éléments ressortissants de l’affaire, la responsabilité du maire de Dakar est engagée au premier chef dans cette « Sall affaire », parce que c’est lui l’ordonnateur du budget. C’est lui qui émet également les mandats, ordonne au receveur municipal de payer.
D’ailleurs selon les dispositions qui régissent les finances, il est clairement indiqué que le maire est responsable de l’exactitude des certifications qu’il donne. « Donc, si le maire de Dakar, par exemple, certifie avoir dépensé 15 millions en riz ou en mil, le receveur municipale s’en contente, parce que lui ne juge que sur pièces. Maintenant si on se rend compte que le maire n’a pas acheté du riz, mais, a utilisé l’argent pour son propre compte, ou même pour payer l’ordonnance d’un agent, il est en faute », explique les spécialistes de la question.
Selon les mêmes sources, le gérant de la caisse, qui est en principe membre de la commission de réception des matières est tout aussi responsable que le maire de Dakar. « Il est responsable par le seul fait de son aveu. C’est-à-dire par le fait qu’il n’y ait jamais eu de réception. Et que lui n’ait jamais cherché à dénoncer cela. En tout cas, pas avant l’ouverture de l’enquête ».
Ces spécialistes rencontrés par nos confrères ont par ailleurs souligné le cas de la caisse noire dont certaines institutions possèdent. Selon eux, les mairies n’ont pas de caisses noires à l’image des autres institutions comme l’Assemblée nationale. Il n’y a aucun texte qui prévoit une institution de dépenses sous forme de fonds politiques ou Caisse noires au niveau d’une mairie.



