Nous l’avions dit. Un dictateur ne sort jamais par la grande porte. Parce qu’il se croit toujours plus grand que la porte. Et s’il est tenté d’en sortir, il finit toujours par être rattrapé par son orgueil. En décidant de contester les résultats des élections après avoir accepté sa défaite, Yahya Jammeh confirmer nos affirmations. Mais il ignorait en même temps qu’il risquait l’humiliation de sa vie, si ce n’est sa vie elle-même.
Déjà, le Président américain a annoncé sans ambages la couleur. S’adressant directement à Yahya Jammeh, Donald Trump a dit clairement au roi du fleuve que s’il rejetait les résultats, il sera tué comme Khadaifi. Quoi de plus humiliant pour quelqu’un qui a toujours incarné la plénitude du pouvoir d’entendre ces propos. Quoi de plus humiliant de se sentir tout seul et de devoir raser les murs pour éviter de finir dans une tombe. Cette fois ci, Yahya Jammeh comprendra plus que jamais son impuissance.
Dans l’unanimité, les membres du conseil de sécurité qui se sont réunis ce lundi 12 décembre sont restés fermes : Yahya Jammeh doit passer le témoin sans délais et sans conditions au président élu, Adama Baro. Le conseil de sécurité a exigé à Yahya Jammeh de respecter la volonté souveraine du peuple de Gambie. Elle appelle en outre toutes les parties à faire preuve de retenu et à éviter de recourir à la violence. L’organisation exhorte enfin Yahya Jammeh à coopérer avec la délégation de haut niveau qu’elle va dépêcher sur son sol pour trouver une issue heureuse.
Une délégation de Chef d’Etat de pays membres de la Cedeao est en effet attendue ce mardi à Banjul. A la tête de la délégation il y aura la présidente en exercice de la conférence des Chef d’Etats, Ellen Johnson Sirleaf. Yahya Jammeh a accepté la venue de la mission qui comprend Mouhamadou Bouhari du Nigéria, Ernest bay Coroma de la Sierra Léone Jone Dramnani Mahama, le Président sortant du Ghana
Le ministère sénégalais des affaires étrangères parle de mission de dernière chance. Sur Rfi, le président de la commission de la Cedeao a aussi déclaré que la diplomatie est privilégiée. Mais ajoute qu’une intervention militaire est envisageable en dernier ressort.
En Gambie, le Président élu a quant à lui, appelé ce lundi Yahya Jammeh à céder immédiatement le pouvoir. Adama Baro insiste, que Yahya Jammeh devrait démissionner maintenant, surtout que lui, ne veut pas perdre de temps.
Face à ces tirs groupés, tout montre que Jammeh a perdu le peu d’estime qu’il avait commencé à engranger, après son geste éclair de démocrate. Désormais, il est sans doute en train de subir l’affront de sa vie.



