AccueilPolitiqueLes Élucubrations de Xemés : Décryptage du « deal » entre Macky...

Les Élucubrations de Xemés : Décryptage du « deal » entre Macky ET Wade.

Silence ! On déclame le chant du cygne dans la sphère politique sénégalaise. On dit que qu’un cygne muet, sentant venir sa mort, chanta pour la première fois Silence une mélodie de la manière la plus merveilleuse qui soit. Il ne s’agit pas d’un cygne mais de deux maîtres en politique, qui sont en train de nous dérouler un chef d’œuvre « mackyiavélique », afin d’éviter une fin de règne tumultueuse.

Existe-t-il un deal entre le président Wade et son successeur Macky Sall ?

C’est à cette question que nous allons tenter de répondre dans les lignes qui suivent.

Le SENEGAL bruisse de la libération imminente de Karim Maissa Wade. Le prisonnier le plus célèbre des geôles du SENEGAL. Et si l’on en croit Maître Boucounta Diallo, gracier Karim reviendrait à poser un acte grave, qui porterait le coup d’arrêt à la lutte contre le détournement de deniers publics et l’enrichissement illicite au SENEGAL.  » Si Karim Wade est gracié, le Sénégal basculerait dans une situation où désormais tout individu qui détourne des deniers publics ou s’enrichit illicitement, pourra faire prévaloir la jurisprudence Karim Wade et réclamer une grâce au même titre que le fils du Président Abdoulaye Wade » dit-il.

En réalité, il semblerait qu’aucun président de la république n’ait eu à gracier un détenu de crimes économiques. Macky va franchir le rubicond. Il s’agit là d’un très grave précèdent historique et ce, après avoir annoncé urbi et orbi l’impunité des criminels en cols blancs.

Karim Wade rappelons le, a été formellement reconnu coupable de crimes économiques, par la justice. L’Agent Judiciaire et les avocats de l’État du Sénégal déclarent avoir recouvert à ce jour la somme de 27 millions d’euros (18 milliards de francs Cfa).

En admettant la dialectique que la mémoire des habitants est très courte, il n’en demeure pas moins que nous nous rappelons, il n y a guère longtemps, un secret de polichinelle. Karim régnait en maître absolu sur tout le SENEGAL. Tout cela grâce à un mérite suprême…celui d’être le fils de son père.

On se rappelle tous, que l’ambassadeur français Christophe Ruffin, de l’Académie française, l’appelait « affectueusement » Monsieur 10%.

La société civile, l’opposition, le mouvement y en a marre, ont tous mutualisé leur efforts, en ce moment de l’histoire du SENEGAL, pour bouter Wade Dehors, alors soupçonné de nourrir un projet de dévolution monarchique.

On se rappelle tous de la journée du 23 juin. Une journée historique qui faillit faire chavirer notre pirogue, le SENEGAL, dans les eaux troubles de la guerre civile. Qui en était en était la cible principale, la cible de toutes les attaques ? Wade et son fils.

Ce jour-là, Karim a fait battre son père !

Macky Sall, fut élu dans ce contexte, avec une demande sociale forte, la lutte contre la gabegie financière.

Au bout de 4 ans de règne dont 3 ans de détention pour Karim Le président Macky semble aujourd’hui, oublier tout cela au profit d’une très grande magnanimité.

Soudain, certains dakarois itou, sont habités par une indulgence débonnaire.

Que se passe-t-il ? Y’a-t il anguille sous roche ? Les relents d’un parfum de deal entre Wade et Sall ?

Les services de renseignements, ont dû câbler le palais sur le climat d’implosion du pays. « Deukbi daffa Macky » disent les sénégalais. Et dans ce contexte, la variable de la perte du pouvoir, lors des prochaines joutes électorales, devient pertinente.

Pour tenter coûte que coûte de renverser la vapeur, Macky est condamné à des gestes d’apaisement et doit prendre langue avec le président Wade pour une stratégie gagnant/gagnant.

Macky Sall a deux motivations principales :

1- Macky Sall ne veut pas être le premier président à ne pas briguer un second mandat

Les analystes du palais ont dû décrypter le message subliminal de la rue, que les sénégalais continuent d’envoyer au président depuis le dernier referendum en date.

Macky est édifié sur son sort et il a besoin d’Abdoulaye Wade et de sa famille libérale pour le porter pour un second mandat.

« Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette » lui aurait dit en substance Abdoulaye Wade. Tu tiens mon fils et moi, j’ai le pouvoir de te faire réélire !
Le jeu politique sénégalais est aujourd’hui fait de telle façon, que seule une coalition peut remporter le pouvoir.

La première coalition de Macky qui l’avait porté au pouvoir, Le Benno, s’est fissuré et va voler aux éclats.

Macky est condamné à libérer Karim et à le laver a grandes eaux pour lui construire une virginité politique.

2-Macky Sall veut éviter d’être victime de persécutions après le pouvoir,

Si une coalition dirigée par le PDS gagne les présidentielles, il va sans dire que Macky et sa famille, des proches, vont être persécutés, humiliés voire envoyés en prison.
Pour autant, le président Wade a lui aussi besoin des « services » de son successeur. Car l’élargissement de son fils dépend entièrement de lui.

Wade nourrit les deux ambitions suivantes :

  • La libération de son fils, Karim
  • Le rêve que son seul et unique fils, devienne un jour, président de la république

En somme, le deal, pourrait être résumé de la façon suivante : « Nous allons libérer Karim, on va le laver à grandes eaux et lui tailler un costume de présidentiable pour succéder à Macky. Ce dernier ne sera pas trop embêté par le PDS, pour accéder à un second mandat et il échappera ainsi à des velléités de persécution, lui et sa famille ».

Toutefois, le triomphe de ce projet porte les germes du déclin et la mort politique d’Idrissa SECK. Idy ne sera ainsi, ni le 5eme président du SENEGAL, ni le 6eme ou le 7eme. « Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette le premier qui rira, aura une tapette»

Xemés

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Must Read

spot_img