Elimane Touré, le transitaire mort en garde à vue au commissariat de police du Port de Dakar, a été inhumé hier aux cimetières « Layénes » de Yeumbeul-Sud. Sa famille, qui conteste les conclusions du médecin légiste de l’hôpital A. Le. Dantec, prévoit de mobiliser un pool d’avocats, avec l’appui des organisations des droits de l’Homme pour saisir la justice.
Il y avait une foule hier à Yeumbeul. Une foule d’amis, de parents, de collègues, venu accompagner le transitaire Elimane Touré à sa dernière demeure. Alors que l’enterrement était prévu à 17 heures 45 minutes après la prière de « Takoussane », Yeumbeul a refusé du monde dès les premières heures de la matinée d’hier. Avant l’arrivée du corps, dans la rue, certains ont laissé libre cours à leur chagrin. À chaque témoignage sur le défunt, des larmes ont coulé sur les visages. Peu avant dix-sept heures, le cortège funèbre s’est ébranlé vers la grande mosquée « Iman Ndiaye » située dans la commune de Yeumbeul- Nord où dès après la prière de « Takoussane », le corps du défunt transitaire a été exposé dans la cour, trop petite pour contenir toute la foule.
Ce fut alors une série de témoignages. L’imam Babacar Diop de la Rts, parents, amis se sont succédé pour témoigner sur la vie du défunt et inviter ses proches et ses amis à méditer sur la brièveté de la vie ici-bas. Suivra ensuite la prière mortuaire, avant que le cortège funèbre ne s’ébranle à nouveau vers les cimetières « Layénes » de Yeumbeul. Durant tout le trajet, des habitants sortis spontanément de leurs domiciles, d’autres perchés sur les toits des maisons, ont témoigné. Sur la route de Boune, d’habitude grouillante de monde, le trafic s’est arrêté un instant pour rendre hommage à Elimane Touré.
Arrivée aux cimetières, une dernière prière a été effectuée avant qu’Elimane ne soit mis en terre. Moment douloureux pour certains membres de sa famille, qui ont alors craqué, les yeux noyés de larmes. À la maison mortuaire où la foule est retournée, ce furent accolades et poignées de main. Un rituel pour présenter les condoléances à la famille du défunt. C’est le moment choisi par l’oncle du défunt, qui a porté la voix de la famille, pour contester les résultats de l’autopsie. Il explique que « A l’arrivée du corps, des parents ont pu constater des traces de brûlures, des blessures… C’est comme si Elimane a été torturé au fil électrique. Il ne peut pas se suicider. Sa taille et le toit de la chambre où il a été gardé à vue ne pouvaient pas lui permettre de nouer un drap autour de son cou. Et puis, un morceau de drap n’est pas assez solide pour soutenir le corps de mon neveu. Il y a eu également le fait que sa tête était enflée, pourquoi ? », S’est interrogé l’oncle Babacar Cissé.
Puis ce fut au tour des frères et des amis de contester les conclusions du medecin-légistre, Gisèle Wotto Gaye, qui a effectué l’autopsie. Ils soutiennent « On rappelle qu’elle s’est déjà illustrée dans le cas Ibrahima Ndao, du nom de ce sapeur-pompier bastonné à mort par ses collègues. Tout le monde sait ce qu’est devenu le premier rapport, qui avait conclu à une mort naturelle du sapeur-pompier », ont rappelé les frères du défunt qui ont rappelé les noms des avocats retenus pour constituer un pool devant instruire une plainte. Sur un autre plan, la famille du défunt prévoit de solliciter l’appui des organisations des droits de l’Homme, dont la présence est annoncée ce jeudi matin à Yeumbeul.



