La campagne électorale qui a fait couler beaucoup d’encres et de salive peine toujours à susciter l’intérêt chez les électeurs. Plusieurs raisons poussent les sénégalais a être retissant. Il y a entre autre, l’abondance des candidats, le problème de retrait des cartes biométriques, mais aussi la date choisie qui est en plein hivernage.
Pendant que la campagne bat son plein et que les candidats sont en train de sillonner tout le territoire. Les sénégalais, eux, cogitent toujours sur leurs participations à l’élection le jour du vote.
La majeure partie des sénégalais déplorent le nombre exorbitant de listes de candidatures. Du jamais vue au Sénégal ! Une situation causée par l’incapacité des opposants à s’unir ?
D’après Babacar Ndiaye, analyste politique « chacun a préféré créer sa propre liste. Cette abondance tient aussi au fait que les conditions pour déposer une liste sont simples à réunir. Le très faible montant des cautions n’est notamment pas de nature à dissuader un candidat ». Pour l’analyste politique, la thèse de la caution est juste, une excuse pour l’opposition. Par conséquent, les pouvoirs publiques ont dû prendre des mesures exceptionnelles. La loi électorale permet dès lors l’électeur à choisir cinq bulletins au maximum.
Le risque majeur qui plane sur cette élection est la faible participation des électeurs du fait qu’une telle abondance des listes décourage les électeurs.
La pléthore de liste n’est pas seulement une entrave pour la population, composée en majorité d’agriculteurs. Car ceux-ci sont en pleine période de culture. De ce fait, ils décideront difficilement de laisser leurs champs pour aller faire la queue dans les bureaux de vote et voter pour des députés qui ne seront à l’Assemblée que pour leurs propres comptes. C’est le cas de Vieux Ba, la cinquantaine qui soutient : « je n’irai pas voter aux élections, nous sommes dans la saison des pluies je dois en profiter pour faire les semences pour mes récoltes au village. Pourquoi m’attarder pour ces députés qui seront à l’Assemble que pour applaudir et voter des lois qui enragent l’Etat, alors que je peux faire mes récoltes et subvenir aux besoins de ma famille ? Nous sommes en période hivernale, et il y’à de fortes chances qu’il pleut ».
Autre problème, l’accession aux cartes nationale d’identité biométrique, un vrai casse-tête pour les citoyens qui ne cessent de crier leur colère pour que l’Etat réagisse. Ainsi, Oulimata Ngom témoigne : « ça fait maintenant trois reprises que j’essaye de récupérer ma carte en vain, à chaque fois on me demande de revenir à une date ultérieure ; En plus de tout ça, on m’a changé de bureau de vote ; je devais voter à la Medina, voilà qu’on la changer pour Parcelles Assainies. Je suis vraiment dégoûtée ».
Des obstacles qui poussent les sénégalais à rester chez eux, le jour des scrutins. A cela s’ajoute la violence durant la campagne. Une frayeur qui poussera dès lors les sénégalais à remettre en cause leur participation à l’élection du 30 juillet.
Par Ndèye Rokhaya Thiané



